«À 23 ans, André rêvait de voir du pays. Alors, après la guerre en 1947, il se rend à Toronto pour participer avec 400 joueurs professionnels à un camp d’entraînement qui allait permettre à 65 d’entre eux d’aller jouer en Europe. Il était le seul canadien français et il a été choisi», se rappelle son frère Raymond qui demeure au Manoir Courville à Beauport. «André s’envole ensuite pour l’Écosse où huit villes possèdent alors une équipe de hockey sur glace et pas assez de joueurs. Il a atterri à Glasgow et y est demeuré deux ans. De 1949 à 1950, il joue pour Stockholm, de 1950 à 1951, à Milan, de 1951 à 1954, à nouveau en Écosse, avant d’évoluer par la suite pour Krefeld en Allemagne avec qui il a la chance d’aller en Tchécoslovaquie et à Moscou. Il était alors dans les premières équipes à pouvoir le faire. Il s’est installé en Suisse en 1955 pour jouer successivement pour Servette, Sion, Fribourg et Villars, avant d’évoluer avec la France pour Megève et Saint-Gervais. Il a aussi été trois fois entraîneur de l’équipe nationale suisse lors de championnats du monde présentés en Yougoslavie, Tchécoslovaquie et Finlande», souligne avec fierté M. Girard.
Premier hockeyeur canadien à jouer pour une équipe de la ScandinavieDéfenseur à ses débuts, André Girard opta pour la position d’ailier gauche en raison de la trop grande compétition à la ligne bleue. Sa décision s’avéra juste, car pendant 17 ans il a fait carrière parmi les meilleures équipes d’Europe avant d’accrocher ses patins au début de la quarantaine. «Un de ses plus beaux souvenirs est la fois où il a été le premier hockeyeur canadien à porter les couleurs d’une équipe de la Scandinavie en 1949. Toute la saison se jouait à l’extérieur, car il n’y avait qu’une seule patinoire à glace artificielle et elle n’était pas couverte», se rappelle M. Girard, impliqué pour sa part dans la communauté pendant plus de 45 ans comme bénévole à la Société Saint-Vincent de Paul de Courville.
De hockeyeur à directeur du Club de golf de GenèveEn 1958, par l’intermédiaire du président de l’équipe de hockey de Servette en Suisse, il a l’opportunité d’entamer une collaboration avec le Club de golf de Genève. Lors de son passage en Écosse, il avait eu l’occasion de pratiquer le golf pendant ses nombreux temps libres après les parties de hockey. Sportif accompli, il jouait régulièrement des rondes de quatre à dix coups seulement au-dessus de la normale tout en travaillant plus de 65 heures par semaine en haute saison comme secrétaire du club. «André a toujours dit que le bonheur on se le créait. Il a eu la joie d’être payé pour ce qu’il aurait fait gratuitement, car il aimait le faire. Le bonheur vient de l’intérieur et il en a été un bel exemple toute sa vie», conclut M. Girard qui garde un précieux souvenir de son frère.
