Après avoir regardé avec grand intérêt la présentation du projet de règlement qui retire l’usage de studio de cinéma ne figurant plus dans les plans de la ville dans cette zone, les résidents ont appris avec stupéfaction que les modifications demandées par le promoteur Habitation Canadienne proposaient de faire passer la hauteur maximale prescrite pour un bâtiment principal de 13 à 19 mètres et d’augmenter le nombre d’étages maximal prescrit pour un bâtiment principal à six étages au lieu de deux.
Les citoyens n’ont pas tardé à s’opposer à ces modifications lors de la période de questions qui a duré plus de deux heures.
Ce dossier avait pourtant été réglé en 2005Rappelant que des spécialistes avaient fixé à 13 mètres la hauteur maximale des immeubles dans ce secteur il y a cinq ans, lors de la demande de promoteurs qui voulaient développer l’ancien site de l’usine de Ciment Saint-Laurent, un propriétaire de l’avenue Royale a affirmé que cette nouvelle demande, si elle était acceptée, aurait aussi un impact sur les résidents de l’arrondissement historique dans le secteur Villeneuve. «La hauteur de 19 mètres proposée est pratiquement celle de l’ancienne cimenterie qui nous bloquait la vue sur les trois quarts du fleuve. J’ai peur maintenant qu’il y ait un effet de domino et que l’on retrouve dans le futur beaucoup d’édifices en hauteur le long du boulevard Sainte-Anne», a déploré le contribuable. Un des promoteurs du projet domiciliaire «Habitations sur le fleuve», accessible par le boulevard des Chutes, a également démontré son inquiétude à l’effet qu’il avait déjà vendu des maisons évolutives et des condos en faisant la promotion d’une vue sur le fleuve. «Cette modification n’a pas de bon sens. C’est rire du monde. Je croyais que cette question de hauteur avait été réglée une fois pour toute en 2005. Si c’est accepté, ça va causer des préjudices à bien du monde».
Une nouvelle séance d’informationEn réaction à ces propos, la présidente de l’arrondissement de Beauport, Lisette Lepage, a décidé de reporter la décision du conseil sur ce sujet à une date ultérieure et proposé de tenir une rencontre d’information où cette fois des simulations illustreraient plus clairement les impacts que les nouvelles hauteurs des bâtiments auraient sur la vue sur le fleuve de tous ces citoyens. «C’est dans un esprit d’assurer la revitalisation du boulevard Sainte-Anne que ce projet de modification au zonage a été enclenché à la demande du promoteur», a souligné Mme Lepage. Interpelée dans ce dossier parce que cette modification est demandée dans son district, la conseillère municipale de la Chute-Montmorency, Julie Lemieux, a tenu à rassurer les résidents du secteur touché en mentionnant qu’elle suivrait ce dossier de très près et ferait tout ce qui est possible pour répondre à leurs inquiétudes. «Il fallait s’attendre à voir les choses bouger dans ce secteur à haut potentiel de développement du boulevard Sainte-Anne, mais il ne faudrait pas que cela se produise en réduisant la qualité de vie des citoyens qui vivent à proximité», a déclaré Mme Lemieux. Le mot de la fin est revenu à une résidente de la rue Francheville qui a dit qu’elle comprenait très bien que des promoteurs voulaient rentabiliser leurs investissements, mais qu’ils se devaient de respecter les règlements et tout ce qui a été acquis en près d’un an de représentations, il y a plusieurs années, auprès de l’administration municipale. «Des nouveaux édifices à logements respectant la limite de 13 mètres de hauteur viennent d’être construits sur le boulevard Sainte-Anne et ils nous cachent déjà la ligne d’horizon du fleuve. Imaginez alors six mètres de plus, c’est impensable», a indiqué la contribuable sous les applaudissements nourris de la salle.
