Un ancien tracé de tramway électrique qui reliait Québec à l'hôtel Kent House

Michel
Michel Bédard
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Le boulevard des Chutes, d'hier à aujourd'hui

Aujourd'hui un boulevard urbain qui traverse d'est en ouest l'arrondissement de Beauport sur environ cinq kilomètres parallèlement à l'avenue Royale et au boulevard Sainte-Anne, le boulevard des Chutes a été nommé ainsi le 28 mai 1951 parce qu'il menait à la chute Montmorency. Mais saviez-vous qu'il a été aménagé sur la voie même du parcours de l'ancien chemin de fer construit par la Quebec Railway, Light and Power Company, une ligne de tramway électrique qui reliait à partir de 1912 la ville de Québec à l'hôtel Kent House, situé sur les hauteurs de la chute Montmorency, et devenu par la suite le Manoir Montmorency ?

C'est ce qu'une recherche historique auprès des archives de l'arrondissement de Beauport et de la Ville de Québec a permis d'apprendre pour en connaître davantage sur le passé de cette artère qui a déjà été connue sous les anciens toponymes de boulevard Beauport, avenue Déry, avenue de la Falaise et boulevard Vallée.

Bénéficiant du pouvoir de la chute Montmorency depuis sa création, cette ligne de tramway électrique, que l'on appelait communément à l'époque «Les p'tits chars», a cédé la place à l'autobus en 1939, au début de la Seconde Guerre Mondiale. La Ville de Beauport acquiert deux ans plus tard l'emprise de la voie ferrée afin d'y construire le boulevard.

Selon les informations obtenues auprès des archives de la ville de Québec, une partie du boulevard des Chutes était connue auparavant sous le nom de boulevard Beauport, adopté le 12 mai 1948 pour rappeler celui de la ville de Beauport, aujourd'hui un arrondissement de la ville de Québec. À la même date, une partie de l'avenue de la Falaise et une partie du boulevard Vallée ont été réunies sous le nom de boulevard Beauport; l'autre partie du boulevard Vallée a pris le nom de rue Vallée en 1951.

Le 6 février 2006, dans le cadre de l'harmonisation des noms de rues, rendue nécessaire par le regroupement municipal du 1er janvier 2002, le toponyme boulevard des Chutes a été étendu à l'avenue Déry, ainsi dénommée le 5 octobre 1953. L'avenue Déry devait son nom à Charles-Aimé Déry, conseiller municipal de Beauport de 1938 à 1940 et propriétaire de terrains dans le secteur.

Les «p'tits chars» et les «gros chars» !

En 1813, un pont à péage est construit en amont de la chute Montmorency , sur un site très proche du pont actuel, reliant les côtes de Beauport et de Beaupré. En 1820, le nouveau pont Dorchester, également à péage, est construit sur la rivière Saint-Charles. Selon le cartographe John Adams, le chemin du Roy, entre la rivière Beauport et le sault de Montmorency, est l'une des routes les plus densément bâties en périphérie de Québec en 1822. L'inauguration, en 1889, de la ligne de chemin de fer entre Hedleyville (Limoilou) et Sainte-Anne-de-Beaupré, connue à l'époque sous le nom des «gros chars», a un impact important sur l'urbanisation et le développement économique et social de la côte de Beauport. La gare de Beauport est construite à la Côte-des -Pères (Giffard), près de la brasserie, le premier secteur à s'urbaniser. Désormais capables de se rendre à Québec en une quinzaine de minutes, plusieurs ouvriers viennent travailler dans les nombreuses manufactures de la Basse-Ville. L 'inverse est également possible. Une carte de Beauport en 1920 montre la voie ferrée, que l'on retrouve encore aujourd'hui longeant le boulevard Sainte-Anne, et la ligne des tramways, connue sous le nom des «p'tits chars» qui dessert la côte de Beauport depuis la gare de la Côte-des -Pères (Giffard).

Organisations: Kent House, Ville de Beauport

Lieux géographiques: Arrondissement de Beauport, Québec, Avenue Déry La Falaise Chute Montmorency Beaupré Pont Dorchester Rivière Saint-Charles Chemin du Roy Rivière Beauport Sainte-Anne-de-Beaupré Boulevard Sainte-Anne

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires

Derniers commentaires

  • Jean BEAUDOIN
    19 juillet 2010 - 12:41

    Y avait-il un tramway pour Beauport et un autre pour aller à Sainte-Anne ? Si c'est la même ligne, je suis étonné d'apprendre qu'elle a été remplacée par des bus de ville en 1939. Les tramways sont disparus des villes qui avaient des conseillers influençables et qui l'ont été par des agents de la société General Motors dès la fin de la deuxième Grande guerre, après 1945. Je suis arrivé à la gare du Palais de Québec, sur le train du CNR local, de Montréal le 22 juin 1947. J'ai pu faire le tour de la ville en « char observatoire ». Je suis allé à Sainte-Anne pour y faire des dévotions et je suis allé à Sillery via la Jonction de Sillery. Je me rappelle avoir été à Sainte-Anne avec l’Institut-Saint-Joseph-de-la-Délivrance de Lévis, en juillet 1949. Mes parents m’y ont mis pensionnaire pour deux ans. À mon retour à la maison en juin 1951, le tramway de la Grande-Allée était disparu, remplacé par des bus vert kaki. Dans les deux années qui ont suivi mon arrivée, on a vendu nos voitures à la ville de Boston et de Toronto. C’est étrange que ces gens-là aient résisté aux « incitatifs » qui laissaient croire que le moteur diésel était plus sécuritaire que des wagons sur rails alimentés par un pantographe ou une perche. La guerre terminée, les fabricants de chars d’assaut avaient besoin de se reconvertir dans les « p’tits chars ». On a déchaussé les rails les plus faciles à enlever, et on a bitumé les autres. On voit les rails encore apparents sur la rue Saint-Louis tout près du Château Frontenac, comme on en voit aussi sur la rue Notre-Dame à Montréal. On a éliminé les poteaux avec les caténaires, les fils, et les isolateurs. Pour ce qui est de l'arrêt de l'étalement urbain grâce au tramway, on repassera. La géographie et l’histoire nous prouvent le contraire de ce que nous racontent grand nombre de petits comiques spécialistes de la promotion. Si c’est si extraordinaire, le tramway, je connais une firme québécoise très connue et très réputée dans le monde entier, qui va tout nous construire ça et s’en occuper. Déjà, que cette société possède plus de 750 millions de dollars US (1995) d’actions du Shuttle sous la Manche, et ça marche très bien dans les deux sens. Dans chacune des voitures à deux ponts on voit à chaque bout en au deux niveaux, une affiche de 40 cm sur 40 avec une grosse roue dentelée et la mention « CONSTRUIT À LA POCATIÈRE –– QUÉBEC –– CANADA » dans l’ancienne usine de Moto-ski®. Au lieu de dépenser huit millions de dollars sur la faisabilité, essayons de connaître réellement ce qui a causé leur disparition. C'est le temps de faire du « reverse engineering » qui va nous donner la réponse pour à peu près 1000 dollars au total. Merde, c’est pas assez payant !