Cellulaire au volant

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Depuis le 1er avril 2008, les québécois n’ont plus le droit de parler dans un téléphone au volant. Difficile de le croire si vous faites un peu d’observation tous les jours. Après une première année où les gens semblaient respecter la nouvelle consigne, il y a un fort relâchement depuis l’été 2009. Des policiers de la ville de Longueuil me disaient que les gens ont simplement repris leurs habitudes. «Ce n’est pas faute d’essayer» d’avouer un des policiers. La SQ a distribué près environ 20 000 contraventions à 115 $ chaque et 3 points de démérite, mais c’est une loi qui est particulièrement difficile à appliquer. « Tout le monde continue de parler au volant» ajoute le policier et surtout lorsque les automobilistes aperçoivent une voiture de police, il se cache, camoufle le téléphone ou raccroche la ligne temporairement pour reprendre la conversation plus loin».

Comment faire face au problème

Ne jouons pas à l’autruche, même moi, je parle à l’occasion au volant, parce que oublier mon oreillette où ma voiture d’essai de la semaine n’est pas équipé d’un dispositif main libre. Un des idéateurs de cette loi, Jean-Marie De Koninck,  estime que les automobilistes québécois n'ont pas changé leurs habitudes, car ils ne croient pas que le cellulaire au volant représente vraiment un danger. Voilà le cœur du problème. Les gens utilisaient le cellulaire avant, pourquoi est-ce que cela serait plus dangereux maintenant que c’est interdit. D’autres se disent que manger au volant, se maquiller, lire les manchettes du matin ou quitter les yeux de la route pour chercher un CD égaré ou notre station de radio favorite est tout aussi dangereux. En deux mots, les québécois sont en plein déni. Au cours des dernières années, la SAAQ a multiplié les annonces-chocs en ce qui a trait à l'alcool au volant et aux excès de vitesse. En 2006, pas moins de 721 personnes avaient perdu la vie sur les routes du Québec, alors que ce bilan était de 515 pour l'année 2009. Cela veut dire que les gens ont compris le message. L’opération Nez Rouge mise sur pied par Jean-Marie de Koninck a plus que sensibilisé la conduite en état d’ébriété, elle l’a rendu socialement inacceptable. Devrait-on avoir la même approche avec le cellulaire au volant ? Procédez à des campagnes publicitaires chocs et démontrez à quel point il peut-être dangereux de conduire et converser en même temps. Pour le moment peu de gens semblent en effet croire qu’ils courent un quelconque danger en parlant au cellulaire derrière le volant. Pour le moment, il n’y a pratiquement pas de sensibilisation à ce sujet. Le gouvernement a voté la loi, mais sans faire de réel suivi. Qu’on le veuille ou non, le cellulaire pose des dangers au volant. Lorsque vous êtes en conversation, votre concentration n’est pas sur la route, enfin pas totalement et le risque d’accident augmente de manière exponentielle.

La technologie à la rescousse

Il y a bien des systèmes main-libre de plus en plus efficace dans les véhicules, mais ce n’est pas encore rependu et si vous voulez mon avis bien des gens m’ont dit qu’ils se sont vite lassé des oreillettes, et j’en fait parti. Ces bidules sont fragile, pas très fiables et la majorité du temps inconfortable. Résultat, Tout le monde continue de parler au téléphone au volant. Et avec les plus récentes technologies intégrées aux voitures, on peut même surfer sur internet au volant sur son téléphone ou l’écran de navigation.

Où est la solution

Les partisans du laisser faire vous diront que ce n’est pas dramatique. Chaque époque possède son lot de distraction. Il y a quelques décennies, on trouvait dangereux ces nouvelles radio AM/FM qui avec autant de stations devenaient un véritable danger car les gens quittaient les yeux de la route trop longtemps pour choisir une station. Le cellulaire est une des formes de distraction au volant parmi d’autres, pourquoi lui accorder autant de place ? Une chose est certaine, pour le moment personnes ne prend la chose très au sérieux.  Faudra-il comme dans le cas de la loi sur le port de la ceinture, faire de la répression massive pour faire avaler la pilule. Il ne faut pas oublier que même si aujourd’hui près de 95% des gens s’attachent, cela n’a pas toujours été le cas. Pendant une dizaine d’années, le gouvernement et les forces policières ont fait des opérations répétées pour faire appliquer la loi. Maintenant l’automobiliste qui n’est pas attaché est considéré comme un criminel. Faudra-t-il en arriver là avec le téléphone au volant. J’ai bien peur que oui. Sinon, inutile de mettre de l’avant une loi que l’on ne peut appliquer ?

-30-

Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2011. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.

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