Que nous réserve l'année 2011

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On se rappellera de 2010 comme la première année au Canada où il s’est vendu plus de camions que de voitures. La croissance estimée à 5,4 % sur le marché canadien, grâce à une reprise des ventes des grands constructeurs américains ainsi qu’à une solide performance des Coréens et, dans une moindre mesure, des Allemands, les gens se demandent ce que nous réservent la prochaine année dans le secteur de l’automobile.

- Un marché européen encore fragile, dont seuls les petits modèles et les véhicules à bon marché connaissent une progression sensible.

- Un marché nord-américain qui se cherche autour des modèles moins chers et moins gourmands, et qui mise sur l’avènement des moteurs électriques.

- Un marché chinois qui poursuit son développement et se prépare à lancer ses propres marques nationales; et un marché indien qui suit, à un degré moindre, la même tendance.

- Un marché mondial des véhicules haut de gamme qui progresse envers et contre tous avec Audi qui connaît sa meilleure année et Porsche qui retrouve le chemin de la santé financière grâce aux ventes de sa Panamera.

Même avec des ventes qui dépasseront les 1,6 million de véhicules au Canada et un peu plus de 12,5 millions aux États-Unis, l’industrie de l’automobile demeure donc fragile. Certes, GM a fait un retour triomphal en bourse et rembourse une partie de sa dette aux gouvernements américain et canadien; les ventes de Ford se portent bien tout comme celles de Chrysler, mais les plans de rigueur sont toujours d’actualité. Libérée de la tutelle de l'État, GM a annoncé qu'elle souhaitait se délester de plusieurs milliers d'ouvriers qualifiés dans ses usines américaines. GM leur propose donc une prime d'aide au départ de 60 000 dollars. L'offre vise principalement les salariés proches de l'âge de la retraite et touche quatorze sites aux États-Unis. Les grands constructeurs cherchent à restructurer leur organisation en la recentrant sur des portefeuilles de marques à potentiel de croissance et en cherchant à réaliser des économies d’échelle. Les alliances se poursuivent : Renault avec Daimler, sous la forme de participations croisées; Volkswagen par la reprise de Porsche et l’acquisition de 20 % de Suzuki; les chinois rachètent des marques occidentales, comme Geely avec Volvo; les Indiens ont déjà récupéré Jaguar et Land Rover; General Motors s’est recentrée sur quatre marques : Chevrolet, Buick, Cadillac et GMC.

Avec la conjugaison de l’augmentation du prix du pétrole avec l’accroissement de la sensibilité du citoyen au développement durable, et, surtout, les conséquences de la crise financière, on commence à voir poindre des changements de comportements de la part des automobilistes. Mais les Nord-Américains ont la couenne dure et n’acceptent pas de bouleverser leurs habitudes facilement, plus particulièrement nos voisins du Sud.

Le style sera de plus en plus important

Le design n’est plus simplement un signe distinctif de marque de prestige, il est devenu un mode d’expression du rapport affectif, intime même, à l’automobile. Des fabricants comme Kia et Hyundai ont prouvé que le style peut être abordable, et le succès retentissant qu’ils connaissent est la preuve que les gens sont très sensibles à cette approche. Les Japonais comme Toyota et Honda devront changer leurs habitudes conservatrices à ce chapitre pour ne pas perdre la clientèle qui leur est demeurée fidèle. Les ambiances intérieures sont de plus en plus étudiées : lumière, coloris, odeurs, bruits, matières, pour parler aux cinq sens. Cette évolution a un effet sur tous les segments, des modèles de base aux plus luxueux. À cela s’ajoute l’offre naissante de motorisations propres utilisant les énergies alternatives, au premier rang desquelles l’électricité semble s’imposer comme la solution la plus aboutie actuellement. Il faut que les voitures aient des allures de véhicule haut de gamme. Le prix, aussi bien sur les marchés saturés des pays développés que sur les territoires des pays en voie de développement, restera une variable clé du processus de décision du consommateur.

Une technologie plus poussée

Les évolutions technologiques liées à la sécurité et au confort continueront de se généraliser, en partant du haut de gamme pour se retrouver progressivement sur les gammes inférieures. Les systèmes d’assistance à la conduite (détecteurs de sommeil ou d’obstacles nocturnes, par exemple), comme les équipements de voyage (systèmes de navigation ou connexions informatiques, par exemple) se démocratiseront. L’automobile sera plus propre, moins gourmande et plus agréable à l’usage.

Conclusion

Une année 2011 sous le signe de la croissance prudente et de la démocratisation de caractéristiques haut de gamme qui seront de plus en plus à la portée de tous.

-30-

Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2011. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.

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