Faire pouliner ou non?

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Une façon d’encourager l’hippophagie?

Je vois trop souvent des annonces de chevaux à donner. On m’en offre aussi à l’occasion, de tout âge, gratuitement. J’aimerais pouvoir tous les ramener chez moi, mais, hélas, mon budget ne me le permet pas, ni le temps à y consacrer d’ailleurs.

Bien sûr, on fait aller ses contacts, on tente d’en placer un à gauche, un autre à droite, à l’aide de services de placement. Parfois, on sait pertinemment qu’on doit procéder rapidement, car le cheval finira à l’encan au risque de terminer ses jours dans une assiette.

Croyez-le ou non, mais il y a cinq ans, pour avoir un cheval de randonnée, on payait environ 2 000 $ CA dans mon coin de pays. Aujourd’hui, plusieurs chevaux de randonnée se trouvent gratuitement et il n’y a pas preneur!

Il y a aussi les gens aux prises avec des difficultés financières qui font, selon leur dire, de l’élevage et sont convaincus qu’ils feront de l’argent! Ils disent même que dans le pire des scénarios, ils garderont le poulain s’ils ne trouvent pas preneur! Or une bouche de plus à nourrir veut aussi dire moins d’argent pour le reste de leur cheptel! Et Dieu sait que c’est facile de négliger la santé des chevaux comme reporter le parage des sabots de mois en mois. Voilà où je décroche!

Les prétendants éleveurs, devraient garder leur argent pour leurs chevaux actuels et renoncer à faire pouliner leur jument, à moins d’avoir un plan de vie précis pour le rejeton. Élever des chevaux est un métier qui requiert du savoir-faire. On ne s’improvise pas éleveur! Laissons le soin aux vrais éleveurs d’apporter dans ce monde de nouveaux poulains et contentons-nous de bien prendre soin de ceux en notre possession.

Je dis que le seul cheval qu’on peut vraiment sauver de l’abattoir à coup sûr, c’est celui qu’on ne fait pas venir au monde!

Le Canada exporte chaque année près de 14,5 millions de kilos de viande chevaline dans plusieurs pays du monde, dont la France et le Japon. C’est énorme! Voici donc quelques données intéressantes sur les chevaux qui finissent en hamburger steak! J’aimerais savoir quel est, selon vous, le meilleur moyen de lutter contre l’hippophagie? Écrivez-moi et donnez-moi votre opinion. Ensemble, on changera peut-être le monde…

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Derniers commentaires

  • Carole Gélinas
    19 février 2011 - 09:56

    C'est bien de nous faire prendre conscience de ce problème. Merci pour cet article. Mais les gens sont souvent motivés par le goût de vivre l'expérience d'élever leur poulain sans tenir compte que leur jument n'a probablement aucune qualité à transmettre (problème de comportement, conformation, etc) ou n'est pas approuvée pour l'élevage. La jument est l'élément le plus important de l'équation: sa génétique, ses qualités morphologiques et physiologiques contribuent à au moins 50% et son comportement probablement à 60% (le foetus est influencé par le comportement de la jument pendant la gestation et le poulain l'est encore plus par sa proximité avec sa mère jusqu'au sevrage). En d'autres mots: brider une jument qui n'a aucune qualité à transmettre ne donnera pas de bons résultats, même si l'étalon est réputé. Brider des animaux non approuvés pour l'élevage signifie souvent engendrer des poulains qui se retrouveront dans des conditions de vie très difficiles. Et que dire du manque de connaissance ou d'expérience d'un pseudo-éleveur. Cela contribue énormément au malheur de ces chevaux: trop souvent, on ne sait pas comment manipuler, entretenir ou nourrir la jument et le poulain. Les juments sont souvent maigres à faire peur pendant la gestation et encore plus lors de la lactation. Que peuvent-elles transmettre à leur poulain dans ces conditions? On économise sur le dos de la jument et du poulain en ne voyant pas à donner la nourriture appropriée, au parage régulier de leurs pieds par un professionel (qui aide au poulain à grandir en équilibre et droit) ou aux visites du vétérinaire pour les vaccins et vermifuges, car des poulains croches et maigres, j'en ai vu aussi. Il n'y a pas d'économie à faire à élever un poulain. De plus, une manipulation fautive du poulain dès son jeune âge fera souvent en sorte qu'il soit maltraité dans sa vie adulte. Il est donc nécessaire de laisser les vrais éleveurs s'occuper de mettre au monde des chevaux qui trouveront un bon foyer et ne pas inonder le marché de ces pauvres chevaux qui se retrouvent dans des conditions souvent ignobles.

    • Evelyne Villers
      20 février 2011 - 16:01

      Bonjour Carole, Comme vous avez raison! J'ai souvent entendu les gens dire qu'ils voulaient vivre cette expérience si magnifique sans toutefois se soucier des conséquences. Merci beaucoup pour le commentaire constructif avec des données assez précises. Vous venez de m'apprendre des choses intéressantes et j'espère que d'autres personnes pourront bénéficier de votre commentaire aussi.

  • Evelyne Villers
    17 février 2011 - 09:05

    Bonjour Michel, J'ai adoré ton expression de poulain-boomer. C'est une expression assez juste dans son contexte et très colorée. Je suis on ne peut plus d'accord avec une règlementation quelconque provinciale, ou même à plus grande échelle. Cela fera l'objet de mon blogue la semaine prochaine. Merci d'avoir pris le temps de partager avec nous ton point de vue. Plus on en parle, plus on est lu, et plus on peut espérer changer les mentalités!

  • Evelyne Villers
    17 février 2011 - 08:57

    Merci Luc pour votre message. Vous touchez un aspect important : l'argent! Il faut effectivement avoir un budget pour les imprévus, sinon, on ne s'en sort pas. Mieux vaut posséder deux chevaux bien soignés que quatre et tous les négliger plus ou moins!

  • michel guillemette
    16 février 2011 - 13:35

    Salut Evelyne,ton texte est vraiment bon,et oui bien des gens font pouliner pour le plaisir sans se soucier des conséquences.Depuis quelques années ,le marché des chevaux est vraiment tombé a plat,la cause justement est le poulain/boomer ! Pour les prix c est fantastique car on retrouve des chevaux vraiment pas chère mais le contre,en étant pas chère,le monde se soucis moins de leur animal,et sa emmène une clientèle d amateurs ,et c est là que le gros du problème commence ,bien souvent le 3/4 des amateurs que j appel des (scrappeux d cheval) ,après s etre rendu compte qu il n ont pas l argent ni les connaissances requises ouvrent le marché de la scrapp des chevaux ! et bien souvent et même tout l temps , c est l 'animal qui en souffre,comme d habitude! mais heureusement que le 1/4 sont vraiment des passionnés, et oui comme tu dit,si on en parle, déjà on est sur la bonne voie ,un jour pour arrêter ce carnage le gouvernement devrait réglementé et être plus sévère dans le monde équestre ,je sais "encore"des lois mais nous les humains pour être civilisé devons être encadrer malheureusement !! alors a + Michel guillemette

  • Luc Lapointe
    16 février 2011 - 13:03

    Bonjour Évelyne. Il est tellement important de mesurer l'ampleur des dépenses à venir avant l'acquisition d'un cheval. Pour le vivre dans une écurie de mon coin, je vois trop de gens qui néglige l'essentiel, soit la santé du cheval, sous prétexte qu'un cheval s'est fait fort ! ! ! Pour revenir à l'achat d'une telle bête, faut consulter des gens qui s'y connaissent , comme vous Évelyne ainsi que votre époux. Il faut établir un budget mensuel et ajouter certains argents pour les imprévus. Comme on le fait pour le budget de la petite famille. Pour ce qui est de changer le monde,.......je suis loin d'être certain qu'on puisse y arriver étant donné que la médecine a bien évoluée mais n'est pas encore en mesure de greffer de la matière grise pour certains matamores qui n'y connaissent rien mais qui pourtant pensent tout, je dis bien tout savoir dans le domaine équestre. Bonne journée Luc Lapointe