Stephen Harper menace la Davie

Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

C’était complètement inattendu

Le Premier ministre Harper a mis de la pression la semaine dernière sur le chantier naval Davie qui lutte pour gagner sa part d’un contrat géant du fédéral.

Harper a donné à la Davie jusqu'au mois de juillet pour régler ses immenses problèmes financiers.

Si non, Harper a annoncé, Davie n'aura pas le droit de soumissionner pour une part du contrat.

Harper propose de dépenser de 33 milliards $ pour construire des dizaines de navires canadiens. 

Échelonné sur les prochains 30 ans, ça sera le plus grand contrat de construction de navires dans l’histoire du Canada.

Un part du contrat du fédéral suffirait pour fournir des emplois pour des milliers de travailleurs dans la région de Québec pour des décennies. 

Ça va mal à la Davie.   La compagnie est sous la protection de la cour depuis près d’un an.

Elle vit de mois en mois d’extensions de la cour pour éviter le pire – la faillite.  

Harper a surpris le Canada entier il y a quelques mois lorsqu’il a annoncé qu’il avait décidé de diviser l’immense contrat en deux, et que seulement deux compagnies partageraient le contrat.

Une partie serait de 25 milliards $ pour construire des navires de guerre -- des frégates et des bateaux-patrouilles pour protéger nos  côtes maritimes et pourchasser des pirates au Moyen Orient.

Le deuxième contrat serait pour 8 milliards $ et irait à la construction de navires pour la garde côtière canadienne et un puissant brise-glace le « John G. Diefenbaker. »

Étant donné que seulement un des deux contrats suffira pour sauver la Davie, les observateurs s’attendaient que Harper favoriserait le chantier de Lévis et un des deux autres grands chantiers se disputeraient le deuxième contrat.

Le problème est très simple. Mais il est grave.  Il y a trois grands constructeurs de navires au Canada, mais malheureusement il n’y a du travail que pour seulement deux.

Il y a la Irving Shipyards a Halifax, la Davie à Lévis, et a Washington Marine Shipbuilding à Vancouver.

 

Donc une des trois devra tôt ou tard plier bagage.

Tout devient soudainement politique.   Sans l’aide du fédéral pour le nouveau Colisée, et sans un contrat pour la Davie, Harper ne peut pas s’attendre à beaucoup des Québécois pour ses sept députés de la région aux prochaines élections.

Le Bloc Québécois a réagi promptement.  Son leader Gilles Duceppe et le député Michael Guimond ont promis une guerre en règle contre

Harper s'il bloque la Davie d’une juste part du grand contrat.

Mais Harper espère toujours faire une percé dans les provinces maritimes, donc il ne peut pas bloquer la Irving, et la Colombie-britannique est un de ses châteaux-forts dans l’ouest.

Mais tout à coup, comme du ciel, nous arrive deux compagnies, la Daewoo, un géant industriel de la Corée, qui connaît très bien la construction de navires de toutes sortes, et la Fincantieri d’Italie, aussi intéressée à acheter la Davie.

Est-ce que la menace de Harper visait réellement la Davie ou visait-elle les deux prétendants, pour les faire se décider et agir plus rapidement?

C’est quoi des dettes de  50 millions $ quand des contrats de 25 milliards $ et de 8 milliards $ miroitent devant nos yeux.

La stratégie de Harper aurait pu mal paraître au début, mais pourrait-elle finir par servir les intérêts de Québec et sauver la Davie de la faillite?

Est-ce assez pour faire oublier aux Québécois le  « NON » de Harper à l’amphithéâtre de Québec?

 

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires