Nissan NV 2012

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Miami, Floride-  Nissan fabrique des véhicules commerciaux depuis 1937, mais l’Amérique du Nord n’a jamais figuré dans les plans du constructeur nippon. La donne vient de changer. En effet, Nissan lance une offensive sans précédent et entend bien faire profiter notre continent du savoir-faire japonais en matière de véhicules commerciaux. Il serait peut-être plus juste de parler d’une façon de faire américano-japonaise alors que le NV, qui sera assemblé à l’usine de Canton, au Mississippi, propose un amalgame de style et de fonctionnalité adapté à notre marché.

Pari risqué?

Nissan s’attaque à un marché qui n’est occupé que par trois autres joueurs. Cependant, deux d’entre eux règnent en roi et maître dans le segment, faute de mieux. On fait bien sûr ici référence aux produits de Ford (Série E) et de GM (GMC Savana et Chevrolet Express). Quant au Sprinter offert par Mercedes-Benz, tous reconnaissent sa supériorité conceptuelle, mais tous lui reprochent également son prix, sans compter ses coûts d’entretien, plus élevés que celui de ses concurrents américains. En fait, ces derniers accaparent plus de 90 % du marché dans ce créneau, laissant des miettes au Sprinter qui tente de se refaire une place depuis qu’il arbore à nouveau le sigle à l’étoile argentée.

C’est dans ce contexte que Nissan introduit son NV.

Éclair de génie?

Comment se faire une place alors dans ce créneau? En profitant des faiblesses de ses concurrents. Il ne faut pas se le cacher, les fourgons de Ford et de GM sont des produits vétustes, certes efficaces pour les tâches qu’on leur confie, mais dépassés. Quant au Sprinter, les milliers de dollars supplémentaires que requiert son achat ont un effet refroidissant. Ainsi, Nissan attaque de front. Son NV est résolument moderne et son prix, nettement inférieur à celui du Mercedes Sprinter. Il est d’ailleurs intéressant d’observer à quel point le NV mélange les styles de ses rivaux, notamment avec la version à toit surélevé.

Un plan précis

Joe Castelli, vice-président, division des parcs et des véhicules commerciaux chez Nissan, s’est montré très clair lors de la présentation du NV à la presse. « It’s not a one trick poney », a-t-il d’abord mentionné. Autrement dit, Nissan ne s’aventure pas dans ce segment simplement pour y faire de la figuration. Le constructeur nippon a des objectifs bien précis qu’il se garde bien de dévoiler au grand jour, mais qui laissent sous-entendre l’arrivée éventuelle de toute une gamme de véhicules commerciaux destinés aux travailleurs d’ici, à commencer par le NV200, une sorte de croisement entre le NV et une fourgonnette.

Première offre

Pour cette première salve offensive, nous avons droit en tout et partout à 13 versions du NV. Esthétiquement, nous en reconnaîtrons deux : toit standard et pavillon surélevé. La première est proposée en trois variantes dont le nom respecte la coutume : 1500, 2500 et 3500. Chacune est proposée en livrée S ou SV. Le modèle 1500 est servi avec un moteur V6 de 4 litres – 261 chevaux et 261 livres-pieds de couple – alors que la mouture 3500 ne peut recevoir que le V de 5,6 litres – 317 chevaux et 385 livres-pieds de couple –. Quant au modèle 2500, il peut recevoir les deux moteurs. Du côté de la version au pavillon surélevé, seules les variantes 2500 et 3500 sont offertes pareillement configurées. Une boîte automatique à cinq rapports équipe toutes les versions du NV.

Selon les analyses préliminaires de Nissan, on prévoit un partage 50-50 des ventes entre les deux modèles du NV.

 

Premier verdict

Nous n’avons eu qu’un contact limité avec le NV lors du lancement, le temps d’aller récupérer des matériaux dans une chaîne de rénovation et de les livrer à l’organisme Habitat For Humanity, division Miami. Une initiative de Nissan envers l’organisme humanitaire. Notre circuit, à majorité urbaine et représentative de l’usage que feront les propriétaires de NV, nous a permis de mettre à l’essai les différentes versions, tant en matière de configuration de carrosserie que de choix de moteurs.

De toute évidence, le moteur V8 se montre beaucoup mieux adapté à ce genre de véhicule, mais certaines entreprises seront bien servies par le moteur V6 qui devrait, si la logique est respectée, se montrer moins glouton à la pompe. Par contre, pour ceux qui remorqueront ou tracteront de lourdes charges gagneront à choisir le V8. Parlant de capacités, celles du NV indiquent ceci : 9900 livres pour la capacité de charge et 9500 livres pour la capacité de remorquage.

Le chargement du NV est également facilité par la présence de portes qui s’ouvrent jusqu’à 243 degrés. On retrouve aussi une porte coulissante latérale du côté passager qui peut être ouverte simultanément aux portes arrière.

Une offre sérieuse

Pour avoir mis à l’essai les produits de la concurrence, on peut affirmer sans se tromper que le NV n’a pas à rougir. D’abord, le design du compartiment moteur demeure entièrement séparé de la cabine. Cela signifie que les occupants profitent d’un bel espace intérieur, chose inhabituelle pour le segment. En prime, le confort des sièges étonne. Mais ne voila-t-il pas l’une des choses les plus importantes à propos d’un véhicule à vocation commerciale qui est utilisé des journées entières? Le marché compte désormais deux fourgons ou le confort n’est pas compromis : le Sprinter et le NV. Bien sûr, la conduite du NV est un peu rustre, mais tout de même confortable. Elle se compare davantage à celle du Sprinter qu’à celle de la concurrence américaine. Côté fiabilité, on nage en terrain connu alors que les deux moteurs utilisés par Nissan ont déjà fait leurs preuves. La structure du NV est basée sur celle d’une camionnette. Le temps nous en dira plus sur la qualité d’assemblage de l’habitacle, le talon d’Achille du constructeur.

Le défi

A 30 998 $ en configuration de base, Nissan frappe dans le mille, d’autant plus que la version la plus chère et généreusement équipée, un modèle 3500 SV à toit haut, va se vendre 39 668 $, soit près de 10 000 $ de moins qu’une version comparable du Mercedes-Benz Sprinter. Seulement avec ça, Nissan possède les outils pour frapper un grand coup dans le segment.

Attendu en mars, le NV ne sera toutefois offert que dans 22 concessionnaires à travers le Canada.

Forces

Espace pour les jambes

Agréable à conduire

Cabine commerciale bien conçu

Faiblesses

Forte consommation

Pas de modèle diesel

Pas de caméra de recul

Fiche Technique

•    Moteur

    V6 4,0 l DACT, 261 ch à 5600 tr/min
    Couple 281 lb-pi à 4000 tr/min

Transmission automatique à 5 rapports

    0-100 km/h 10,2 s

    Vitesse maximale 175 km/h

Consommation (L/100 km) 12,9 L

(V8)

V8 5,6 l DACT, 317 ch à 5200 tr/min
    Couple 385 lb-pi à 3400 tr/min

Transmission automatique à 5 rapports

    0-100 km/h 9,3 s

    Vitesse maximale 190 km/h

Consommation (L/100 km) 14,9 L

•    Autres composantes

    Sécurité active freins ABS, distribution 
    électronique de force de freinage, assistance au freinage

    Suspension avant/arrière indépendante, 
    essieu rigide

    Freins avant/arrière disques

    Direction à crémaillère, assistée

    Pneus 1500, 2500 LT245/70R17 3500 P245/75R17 


•    Dimensions

    Empattement base 3710 mm

    Longueur base 6111 mm

    Largeur 2029 mm

    Hauteur  standard : 2131 mm  toit élevé : 2667 mm

    Poids 2711 à 2789kg

    Diamètre de braquage 13,9 m

    Coffre 6629 litres (toit standard) et 9149 litres (toit surélevé)

    Réservoir de carburant 106 l

Capacité de remorquage 4318 kg

Prix : de 30 998 $ à 39 668 $
Modèles concurrents : Chevrolet Express, Ford Série E, GMC Savana, Mercedes-Benz Sprinter

-30-

Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2011. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.

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