Sortir de la crise à la manière de Ford

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Ford a le vent dans les voiles. Le géant américain est le seul constructeur du pays de l’Oncle Sam à s’être sorti de la crise sans aide financière, ça vous le saviez déjà. Ce que les gens savent un peu moins c’est comment s’y est pris Ford pour en venir là. Une petite discussion avec le président de Ford du Canada, David Mondragon, jette un peu de lumière sur le sujet.

Quelques chiffres à se mettre en bouche

Ford doit une partie de son succès à une révision de son modèle d’affaire, de financement et de structure. Une initiative du président de Ford Motor company arrivé de chez Boeing Industries en 2006, Alan Mullaly. Ce dernier avait prévu la crise de liquidité qui arrivait chez Ford et dans l’automobile et a utilisé les grands moyens. Il a hypothéqué tous les actifs de Ford pour les retransformer en prêts de 23.6 milliards de dollars. Mullaly a aussi restructuré les filiales de l'entreprise en vendant les marques Aston Martin, Jaguar et Land Rover, qui n’était plus rentables depuis des lustres. Et comme cela se déroulait avant la crise, Ford a réussi à obtenir un bon prix pour ses filiales et augmenter sa liquidité de près d’un milliard. C’est aussi à cette époque que Ford a adopté le programme One Ford. Une nouvelle stratégie qui consiste à uniformiser la production de ses véhicules. Par exemple, la Ford Focus était construite en différentes versions selon le pays qui la produisait. Avec One Ford, la production est maintenant faite selon la même ingénierie. Au moment de mettre cette stratégie en place, Ford possédait pas moins de 97 plateformes différentes pour ses véhicules à travers le mondes, ce nombre est présentement de 50 et la compagnie vise à avoir uniquement 25 plateformes d’ici 2015.

Une meilleure rentabilité

« Cette approche est simple» ajoute David Mondragon. Chaque fois que Ford développe un produit, ce dernier a des visées mondiales. La Fiesta et la Focus sont deux exemples probants. Voitures à succès en Europe, elles sont fabriquées pour le reste de la planète selon le même principe. «On sauve ainsi énormément sur la recherche, le développement et la mise en marché» poursuit M. Mondragon. Ford a aussi compris avant ses concurrents américains, que l'avenir de l'automobile se situait dans les véhicules moins énergivores. Alors qu'avant la crise le baril de pétrole se situait à 50$, pendant la crise, en juillet 2008, il s'élevait à environ 150$. «Le fait d'avoir un nouveau PDG  qui a vite compris la situation de Ford et a pris des précautions supplémentaires en vue d'une diminution des ventes et de la production fut bénéfique. « Nous allons continuer de mettre l’accent sur la vente de voiture en 2011» explique David Mondragon. «Nous serons une des rares compagnies qui d’ici la fin de l’année vendra plus de voitures que de camions. Nous voulons exploiter notre filière européenne à fond et développer en même temps de nouvelles voitures ici, qui connaîtront du succès ailleurs.»

Plus d’actif que de passif

Au moment d’hypothéquer ses biens en 2006, Ford avait contracté une dette de 34,5 milliards de dollars. À la fin de 2010, cette dette était de 19,1 milliards et Ford entend encore diminué ce chiffre de 3 milliards au cours du premier trimestre de 2011. Bref, Ford a maintenant plus d’actif que de passif et investit dans ses produits, car c’est là la clé du succès de toutes compagnies automobile.

La perception y est pour beaucoup

Ford a joué gros en 2006 en donnant un sérieux coup de barre à l’entreprise. Bien des dirigeants de l’entreprise n’étaient pas d’accord avec Alan Mullaly, mais l’avenir lui aura donné raison. Ford qui a su se tenir debout sans aide durant la dure crise financière américaine et a laisser l’image d’un battant dans l’imaginaire de la population Nord-américaine. «Une attitude qui a été très positive pour la compagnie» souligne David Mondragon. La crise économique se résorbe peu à peu, mais l’économie est encore fragile. D'après l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la crise économique mondiale entre actuellement dans une nouvelle phase alors que des signes d'un retour à une croissance positive apparaissent dans plusieurs pays. C'est toutefois dans le contexte de la crise que Ford a su tirer avantage des changements qui avaient déjà été apportés en prévision des jours plus sombres et Ford est le premier constructeur américain qui a su tirer profit d’une gestion de décroissance en situation de crise. Souhaitons que d’autres constructeurs ait retenu la leçon.

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