Ferrari FF

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Une nouvelle approche du cheval cabré

Brunico, Italie – Si je vous demande de me nommer une voiture familiale à 4 places, à 4 roues motrices et dotée d’une suspension hydraulique qui monte et descend de 40 millimètres à l’avant et de 30 millimètres à l’arrière, vous n’avez certainement pas Ferrari en tête. Ce sont pourtant des caractéristiques de la plus récente création de Maranello qui brise le moule de la voiture sport pure et dure en présentant la FF ou Ferrari Four, 4 places et 4 roues motrices. Une Ferrari au sens pratique.

Un look de familial

Le concepteur Pininfarina avait donc un cahier des charges très particulier à rencontrer. Partir du concept de la 612, qui était un 2+2, et en faire un véritable 4places en lui donnant au passage des qualités 4 saisons et un vrai coffre. La voiture a donc été étirée, et le toit, légèrement relevé pour lui donner cette forme de « shooting break » comme disent les Anglais. Et ça marche ! J’ai fait un bout de route derrière en tout confort. Ferrari affirme que la voiture accueille des adultes de 1,95 mètre à l’avant et de 1,85 mètre à l’arrière. Il y a également l’espace de chargement pour les skieurs et les joueurs de golf,  450 litres et plus de 800 litres si vous rabaissez les sièges (autant qu’une Porsche Panamera). Pour garder des lignes de fauve, le hayon descend très bas et surplombe un volet aérodynamique inférieur. Le profil, qui a été le principal sujet de débat lors de la présentation, est à mon avis très réussi. Je suis de ceux qui aiment les modèles familiales. Notons finalement que Ferrari a étiré bien loin le profil pour lui donner une allure de prédateur, mais aussi pour laisser de la place au V12 à l’avant.

Un habitacle familier

Inutile de vous dire que ça respire le cuir d’exception, et que les matériaux sont sans reproche; Ferrari a enfin appris au cours des dernières années à concevoir des habitacles qui sont à la hauteur des performances. L’écran de navigation de 6,5 pouces est emprunté à la California. Et comme la 458, toutes les fonctions sont sur le volant, y compris le klaxon, les clignotants, les phares et les essuie-glaces. J’ai voulu mettre les phares dans un tunnel et j’ai envoyé du liquide lave-glace dans le pare-brise. Cela demande quelques heures d’adaptation. Ferrari a procédé ainsi pour laisser toute la place à la boîte de vitesses à double embrayage à 7 rapports et aux deux leviers de sélection au volant; rien ne gêne son utilisation. On remarque aussi le désormais célèbre « manettino » qui, en plus des positions habituelles « Comfort », « Sport » et « Track » ajoute « Snow » et « Wet » sur la FF. Aucun levier de vitesses en vue et une console à deux boutons avec la lettre « R » (marche arrière), « Launch » (pour un départ canon) et « Auto » (pour une conduite sur le mode automatique).

Puissance de 651 chevaux

Il y a un autre important bouton, tout rouge, sur le volant, qui met en marche le V12 de 6262 centimètres cubes. Un moteur développé pour les Ferrari Enzo et 599. Celui-ci offre toutefois la particularité d’être le premier V12 à injection directe de carburant qui offre plus de puissance et génère 25 % moins d’émissions grâce à l’ajout d’une fonction d’arrêt-démarrage du moteur quand on immobilise le véhicule (offert en option). Mais au-delà de cette puissance, c’est la manière de la livrer qui est particulière. Pour la première fois de son histoire, Ferrari passe par un système à 4 roues motrices pour déplacer l’une de ses voitures. Et à l’image du constructeur, ce système est unique. Ferrari voulait un système léger, non intrusif et qui ne donnerait pas l’impression de conduire un véhicule à 4RM. Cela élimine de facto tout ce qui se trouve sur la route en ce moment. Ferrari a donc inventé un nouveau système où l’électronique règne en maître. Pour réduire le poids, le différentiel central a été éliminé. Sur pavé sec, c'est une voiture à propulsion. Si elle le juge approprié, l’envoi d’alimentation se fait directement à la boîte de vitesses à 7 rapports située sur l'essieu arrière par cardan. Ici, un différentiel ouvert distribue la puissance à chaque roue et, par des moyens électroniques, simule l'effet d'un différentiel mécanique à glissement limité. Le système de l'essieu avant est tout à fait différent. Les ingénieurs ont mis en place un système d’embrayage à deux vitesses qui se connecte directement au vilebrequin du moteur et agit dans des situations où l'adhérence est la plus nécessaire, comme dans la neige ou sous la pluie. Ce système, appelé PTU (Power Transfer Unit), est composé de deux embrayages multidisques indépendants, chacun contrôlant un arbre de roue différent. Cela crée de la vectorisation de couple. Ce qui est fascinant, c’est que l’embrayage avant n’a que 2 rapports. Ce système à 4 roues motrices ne fonctionne pas au-delà de 200 km/h, jugeant que personnes ne roulera si vite sous la pluie battante ou dans la neige (ce qui élimine les 3 derniers rapports de la boîte), et Ferrari a placé l’embrayage avant à mi-chemin des rapports arrière. L’unité de contrôle ne fait que 45 kilos, et, comme il n’y a pas de différentiel à l’avant, on ne ressent pas de lourdeur dans le volant, ce qui est souvent une caractéristique des systèmes à 4 roues motrices.

Multiples personnalités

L’intervention du système à 4 roues motrices est directement reliée au mode de conduite choisi. Au début de la journée, à plus de 2 300 mètres d’altitude, c’est sur un parcours de neige que nous avons fait connaissance avec la FF. Sur le mode  « Snow », l’ESP embarque au moindre dérapage. Il faut aller sur le mode « Comfort » pour avoir un peu de liberté à l’amorce d’un dérapage. J’ai pu faire quelques tours sur le mode « Sport » pour constater que le système est permissif et permet de moduler les accélérations pour faire déraper l’arrière au besoin. On sent que l’avant est plus stable, mais sans donner l’impression qu’on est au volant d’un véhicule à 4 roues motrices. Contrairement à une 458 ou à une 599, la FF s’adapte facilement à votre style de conduite et à vos humeurs. Nous avons roulé une journée complète dans les cols des Dolomites entre Cortina D’Ampezzo et Val Gardena dans des chemins en lacets où nous avons mis à l’épreuve la boîte séquentielle. Nous avons également traversé de nombreux villages à un rythme modéré et, après 7 heures de route, aucune fatigue, pas de mal de dos, une voiture facile à vivre, digne d’une grande GT. Capable de performance « biblique », la FF n’est pas aussi extrême qu’une 599. La boîte séquentielle est extrêmement rapide, mais plus douce que la 599 et semble toujours travailler sans effort. Si vous poussez dans les régimes, des diodes rouges apparaissent sur le haut du volant vous indiquant le moment idéal pour changer de rapport. Si le premier et le deuxième rapport sont plus calmes que ceux d’une 458, à partir du troisième, les 651 chevaux font sentir leur présence. Avec un régime maximal à 8 000 tours et la symphonie unique d’un V12, cela devient rapidement une drogue. À plus de 2 000 mètres d’altitude, sur des routes de cols de montagne, nous avons senti la différence que donne la transmission à 4 roues motrices. Quasi imperceptible, on réalise en courbe que la voiture est tirée aussi bien qu’elle est poussée, et je suis convaincu que la FF gagnerait une course de rallye face aux autres modèles Ferrari. Les 651 chevaux sont distillés de manière très progressive sans intimidation, ce qui est le propre d’une voiture GT.

Conclusion

Il faut oublier ce que vous connaissez de Ferrari au volant de la FF. Elle est unique dans son style et son approche. Plus spacieuse qu’une Bentley GT, plus véloce qu’une Aston Martin Rapide, elle n’est pourtant pas aussi extrême que les autres membres de la famille Ferrari et est d’une grande facilité de conduite. Elle veut sans doute plaire aux nouveaux marchés qui n’ont pas des conducteurs d’expérience (la Chine entres autres). Il est toutefois impossible de ne pas être impressionné par ses performances et sa solution unique de système intégral qui fera peut-être des petits. Les 800 exemplaires prévus pour 2011 sont déjà tous vendus, il faudra mettre votre nom sur la liste d’attente pour espérer une des mille qui seront produits en 2012.

Forces

Système 4 RM novateur

V12 époustouflant

Grande facilité de conduite

Véritable 4 places

Faiblesses

Rayon de braquage gênant

Des lignes qui ne plaisent pas à tous

Faut-il parler du prix ?

Fiche technique

• MOTEUR 
V12 de 6,3 L à DACT, 651 ch à 8000 tr/min
Couple 504 lb-pi à 6000 tr/min

Transmission manuelle robotisée à double embrayage à 7 rapports

0-100 km/h 3,7 s

Vitesse maximale 335 km/h

Consommation 17,5 L/100 km

• AUTRES ÉLÉMENTS

    Sécurité active freins ABS, antipatinage, contrôle 
    de la stabilité électronique, différentiel électronique

    Suspension avant/arrière à roues indépendantes

    Freins avant/arrière disques carbocéramique

    Direction à crémaillère, assistée

    Pneus P245/45ZR20 (av.), P295/35ZR20 (arr.)

• DIMENSIONS

    Empattement 2990 mm

    Longueur 4907 mm

    Largeur 1953 mm

    Hauteur 1379 mm

    Poids 1790 kg

    Diamètre de braquage ND

    Coffre 450 L (800 L sièges abaissés)

    Réservoir de carburant 91 L

Prix : 300 000 $ (USD)

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