Harper refuse l'armée pour le nettoyage

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Ma région toujours pas au pouvoir

Stephen Harper refuse toujours de visiter les sinistrés des inondations en Montérégie.

Il refuse de maintenir l'armée en place pour faire le nettoyage après les inondations.

La controverse augmente. Ça fait un mois maintenant que les résidents attendent qu’il vienne partager leur malheur, au moins leur donner un peu d’encouragement. 

Est-ce la politique à la Josée Verner? Vous n’avez pas voté pour moi, donc ne dérangez-moi pas avec vos problèmes. 

L'armée a d'abord tardé à se rendre sur les lieux pour des raisons qui sont toujours incompréhensibles. À la première baisse des crues, les militaires sont repartis, pour revenir seulement lorsque Harper s’est fait tordre le bras par les médias.

Jean Charest a gentiment critiqué son homologue fédéral. Jack Layton l’a critiqué aussi, toujours poliment.

Layton dit qu’il espère que Harper se rend sur les lieux prochainement.

Les sinistrés utilisent un langage plus corsé.

Même Jean-Luc Mongrain a glissé sa réprimande.

On commence à se demander au Canada anglais ce que Harper aurait contre le Québec, autre que la victoire retentissante du NPD dans cette province.

La première semaine, Harper était engagé ailleurs. Ça se comprend. Il est premier ministre. Mais, la deuxième semaine, la troisième, et maintenant? Ça fait un mois.

Entre-temps il  a visité les inondations au Manitoba. Il s'est rendu à Slave Lake en Alberta où les incendies de forêt ont détruit la petite ville nordique. Pour eux, il avait le temps. Il leur a dit qu’il n’y avait « rien de pire » que de vivre  une « terrible tragédie »  comme celle qu’ils ont connue.

Mais pour le Québec? Rien. Pas de Harper visible. Ni condoléances ni de sympathies.  Il a dépêché à sa place son gouverneur général David Johnston. Très élégant ce vice-royal, mais pas le gars que les sinistrés voulaient voir.

Ensuite Harper a délégué Peter MacKay, son ministre de la défense, qui est venu parler aux soldats. C’était beau, mais encore pas ce qu’il fallait.

Harper aurait pu passer en Montérégie leur faire un petit salut – ou comme Bill Clinton faisait, leur dire « je ressens votre douleur. »

Harper et MacKay étaient trop vite pour retirer les soldats canadiens qui faisaient un bon travail selon les résidents sinistrés de la région.

Au Manitoba, lors de la grosse inondation de 1997 (c’était les libéraux au pouvoir dans le temps) le fédéral avait mobilisé environ 8 000 soldats. Au Québec, au pire des crues, seulement 840 soldats, et cette semaine, seulement 240.

Ce n’est pas fini. Maintenant le gouvernement Harper commence à traîner de la patte sur le grand nettoyage qui attend la région.

Il y aura des dégâts épouvantables partout quand les eaux se retireront, des routes infranchissables, des places publiques où s’empilent les déchets en dessous de la marée sale.

Le gouvernement Harper commence à reculer, comme si les militaires n’étaient pas là pour militaire de la population.

En français ce devoir des militaires s’appelle « venir à l’aide des pouvoirs civils. »  Ça fait partie de leur mandat.  Il y a une formule. Les premiers 8 millions $ en coûts sont payés par la province, de 8 millions $ à 40 millions $ ils sont partagés, et au-delà des 40 millions $ c’est le fédéral qui assume 90 % des coûts.

Est-ce pour ça que Harper a diminué son aide?

Si c’était Barack Obama au 24 Sussex il y a longtemps que la Montérégie aurait la « National Guard. » Comme pour les 21 tornades et les inondations du Mississippi. 

Revenons plus près de chez nous. La Verner était bien claire. Des inondations dans les « régions » ne sont plus de ses affaires. C’est trop petit pour elle. Elle pense « national » maintenant. Ou si vous voulez (Think Big. »

Mais sûrement le ministre Denis Lebel, qui n’est pas encore au pays des rêves du sénat doit se souvenir du déluge de 1996 au Saguenay. Lui, au moins aurait pu se rendre en Montérégie pour leur dire : « On va vous aider!  On a connu chez-nous votre misère.»

 

Mais non, les conservateurs s’en vont dans l’autre direction.

Dans une lettre datée du 20 mai, le ministre Vic Toews fait valoir comme raison que les services de nettoyage que le Québec demande des soldats, tels que l'enlèvement des sacs de sable, le déblaiement des rues, et la cueillette des ordures déposées par les crues sur les places publiques, auraient pour conséquence de placer « les Forces canadiennes en compétition avec le secteur privé. »

Tu parles d’une explication! La plus stupide et idéologique des excuses. Une autre décision idéologique du gouvernement Harper. Harper doit avoir oublié son discours du soir des élections qu’il était premier ministre de tous les Canadiens.

Même si les Québécois n’ont pas voté pour lui, ils sont toujours des Canadiens.

Du moins, présentement!

 

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