Volkswagen Passat 2012

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Un nouveau départ

Chattanooga, Tennessee – L’histoire prend parfois des détours inattendus. Une compagnie allemande créée à la demande du chancelier Adolf Hitler, rachète un terrain à vocation militaire aux États-Unis. Après avoir fabriqué la Beetle en Pennsylvanie jusqu’en 1988, Volkswagen fait un retour en sol américain en investissant 1,1 milliard de dollars au Tennessee dans une usine toute neuve construite sur ce qui servait autrefois de terrain d’entraînement militaire à l’armée américaine. Capable de construire 150 000 véhicules par année, l’énorme usine peut prendre de l’expansion et aller jusqu'à 500 000 au besoin. Déjà plus de 1 800 travailleurs ont été embauchés, et, à terme, ce nombre augmentera au-delà de 2 500.

Une refonte

En installant une usine aux États-Unis, Volks veut conquérir le marché américain. Pour diminuer les coûts, la Nouvelle Passat passe par une technologie simplifiée, un volume habitable plus vaste et un empattement plus long. Une stratégie qui vise à abaisser le coût moyen de 7 000 $ pour ainsi s’approcher du prix (et du format) des Honda Accord, Ford Fusion et Toyota Camry, les leaders du marché des voitures intermédiaires en sol américain. Donc, après le repositionnement de la Jetta l’an dernier, c’est maintenant au tour de la Passat de prendre de nouvelles assises. Physiquement, la voiture gagne 10 centimètres en longueur (qui vont entièrement aux sièges arrière). À l’avant, les nervures sur le capot et les phares intégrés lui confèrent des airs de Touareg ou de Ford Fusion selon que vous regardiez directement de face ou de profil. C’est justement de profil qu’il est le plus facile de reconnaître la signature Volks. L’arrière ressemble à tout et à rien. Dans l’ensemble, des lignes sans éclat qui prendront de l’âge avec grâce. Nous sommes à l’opposer du spectre de la Kia Optima (elle aussi dessinée par un Allemand).

Un intérieur sobre et fonctionnel

Une baisse de prix oblige une certaine sobriété dans l’approche. Mais Volks a appris de sa leçon avec la Jetta qui fait carrément bon marché à l’intérieur. Pas de pareille approche avec la Passat. Tous les endroits qui sont à portée de la main sont recouverts de matériaux souples et agréables au touché. De la planche de bord aux contreforts de portes, les plastiques sont de qualité et juste assez rembourrés. Au-delà des matériaux qui obtiennent la note de passage, l’espace est ce qui impressionne le plus. Plus large et plus longue, même si Volks la nomme intermédiaire, cette Passat prend des airs de limousine à l’intérieur. L’espace réservé aux places arrière est caverneux. Les passagers ont pratiquement autant d’espace que dans une BMW Série 7 et peuvent réellement s’installer à trois à l’arrière tellement la voiture est large. Cela se fait au profit d’un espace à l’avant plus petit que certains concurrents, mais les deux passagers avant n’auront pas à se plaindre. Cette approche style limousine servira bien un pays comme la Chine où la voiture visera le marché des berlines avec chauffeur. Fidèle à ses habitudes, Volks conserve l’approche Trendline, Comfortline et Highline avec une liste d’équipements conséquente. On retrouve au haut de la gamme un système de navigation, et, pour les audiophiles, une chaîne audio Fender qui ajoute une touche de classe.

Trois choix de moteurs

Rien de nouveau sous le capot, l’offre débute avec le 5 cylindres de 2,5 litres de 170 chevaux, le même moteur de base que la Jetta et la Golf. Si la puissance est correcte, les reprises et les accélérations souffrent un peu de l’excédent de poids de la Passat, plus lourde que ses deux consœurs. Une fois la vitesse de croisière atteinte, le moteur est silencieux, et la boîte automatique à 6 rapports chante bien ses gammes. La version la plus intéressante demeure sans contredit la 2 litres Diesel. Cette Passat offre aussi la même mécanique de 140 chevaux que la Jetta, mais le couple abondant ne souffre pas du surplus de poids, et son bruit est quasi imperceptible, seulement un léger feulement au démarrage. La puissance est bonne, et notre consommation moyenne de 5,4 litres aux 100 kilomètres a de quoi faire rougir bien des hybrides. Les versions TDi de 2,5 litres sont toutes deux offertes avec une boîte de vitesses manuelle ou une DSG à 6 rapports. Enfin, pour les 10 % qui désirent un peu plus de oumph !, il y a le V6 de 3,6 litres qui développe 280 chevaux. Les accélérations, comme les reprises, sont énergiques, et la conduite, plus sportive. On retrouve plus dans cette version l’essence de la conduite sportive allemande; il faut toutefois allonger un nombre supplémentaire de billets vert, et seule la boîte DSG est proposée.

L’autoroute d’abord

Sur les routes parsemées de lieux de culte de toutes sortes, le Tennessee offre des collines verdoyantes et des autoroutes rectilignes. C’est notre version Diesel qui s’est montrée la plus polyvalente. Elle sait tout faire, et le fait avec discrétion. Assez de puissance pour dépasser un paysan dans sa vieille camionnette sur un étroit chemin de campagne sans changer de rapport et assez silencieuse pour avaler les kilomètres sans souffrir. Je mets cependant deux bémols : la direction ne donne pas tout son potentiel de retour de sensations de la route. Elle fait mieux que les coréennes, les japonaises et les américaines, mais laisse encore place à l’amélioration. Autre petit irritant : Volks offre en monte d’origine des pneus Continental, Bridgestone ou Hankook. Les trois pneus font du bon travail à l’intérieur d’une plage d’utilisation normale, si vous aimez pousser le rythme de temps à autre, le Continental est le meilleur choix. La conduite offre aussi la rigueur typique des produits allemands et un confort qui vous permet d’envisager de longs trajets avec bonheur.

Conclusion

Volkswagen a réussi à refaire une beauté à la Passat tout en réduisant le prix sans trop rogner sur la qualité. L’équilibre sur les compromis était mince, mais Volks l’a bien joué, et cette voiture risque de redevenir concurrentielle dans son segment de marché.

Forces

Espace arrière digne d’une limousine

Conduite et consommation de carburant du Diesel

Habitacle silencieux

Prix concurrentiels

Faiblesses

Manque de « punch » du moteur à 5 cylindres

Direction un peu « engourdie »

Style générique de la carrosserie

 

Fiche TECHNIQUE

•    MOTEURS

•    (2,5 l)

    L5 2,5 l DACT, 170 ch à 5700 tr/min

    Couple 177 lb-pi à 4250 tr/min

    Transmission manuelle à 6 rapports,

    automatique à 6 rapports avec mode

    manuel (en option)

    0-100 km/h man. 8,0s. auto. 8,3s.

    Vitesse maximale 209 km/h (limitée)

    Consommation par 100 km man. 8,3 l, auto. 8,1 l  (octane 87)

(TDi)

  L4 2,0 l turbodiesel SACT, 140 ch à 4000 tr/min

    Couple 236 lb-pi à 1750 tr/min

    Transmission manuelle à 6 rapports, manuelle robotisée

    à 6 rapports (option)

    0-100 km/h nd 

  Vitesse maximale 209 km/h (limitée)

    Consommation par 100 km 5,5 l

•    (V6)

    V6 3,6 l DACT, 280 ch à 6200 tr/min

    Couple 258 lb-pi à 2750 tr/min

    Transmission automatique à 6 rapports

    avec mode manuel

    0-100 km/h 6,6 s

    Vitesse maximale 209 km/h (bridée)

    Consommation (100 km) 10,5 l (octane 91)

   

•    AUTRES COMPOSANTES

    Sécurité active freins ABS, répartition

    électronique de force de freinage, assistance

    au freinage, antipatinage, contrôle de

    stabilité électronique

    Suspension avant/arrière indépendante

    Freins avant/arrière disques

    Direction à crémaillère, assistée

    Pneus: Trendline P215/60R16:  Comfortline: P215/55R17

  Highline:  P235/45R18

•    DIMENSIONS

    Empattement 2803 mm

    Longueur 4868 mm

    Largeur 1835 mm

    Hauteur 1487 mm

    Poids L5 man. 1436 kg L5 auto 1461 kg

  TDi man: 1524 kg,  auto 1 541kg, 3,6 l:1 563 kg

    Diamètre de braquage 10,9 m

    Coffre 430 l

Prix :

Trendline 2.5 :     23 975$

Trendline + :    24 875$

Comfortline :    27 975$

Highline :        31 475$

TDi : Trendline :    27 475$

TDi : Comfortline :    30 575$

TDi : Highline :    33 775$

V6 3.6 Comfortline :     33 575$

V6 3.6 Highline :     37 475$

-30-

Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2011. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.

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