Nico et la Martienne

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J’étais attendue chez de braves gens pour rencontrer celui qui allait devenir mon cheval. Ce cheval sans nom n’avait pas été monté depuis plus d’un an. Il vivait avec 14 congénères. Il était comme je l’imaginais.

Après quelques minutes, j’ai compris à qui j’avais affaire. Un bon Jack! Un hybride, mi-cerveau gauche, mi-cerveau droit, selon la situation. Introverti mais capable d’être extraverti! Quel côté allait prendre le dessus? C’est ce qui me reste à découvrir.

Après l’avoir dégourdi aux trois allures dans un manège rond, j’ai décidé de faire un hook-on avec lui. Dès que je l’ai appelé, il est venu vers moi, me suivant comme un chien de poche. Un cheval à mon goût!

Ses propriétaires étaient estomaqués. Ils ne comprenaient pas ce qui se passait. Tout ce qu’ils ont trouvé à me dire : « Vous semblez bien vous entendre, tous les deux! » Je riais à l’intérieur de moi-même.

J’ai décidé de le brosser, puis de le seller en m’assurant que ma selle lui convenait. Joie! Elle lui allait comme un gant! Je n’avais pas apporté de mors, car je préfère monter sans aides artificielles. Les proprios m’ont mise en garde : le cheval n’a pas été monté depuis longtemps et il a toujours eu un mors. Ils ne veulent pas être responsables de ma chute, donc j’accepte de recourir au mors habituel de la bête. Or, en le voyant, je manque de m’évanouir. Un mors à levier avec un rapport de quatre pour un et une gourmette en chaîne. Quelle horreur! Je m’assure de ne pas être en contact avec ce beau paint de 11 ans. Allez hop, cascade! Nous nous mettons en marche, puis au trot.

Tout va bien, mais Nico (c’est ainsi que je le nommerai) « gosse » dans sa bouche tout le temps. Je descends, enlève ce mors ridicule et décide de le conduire à l’aide d’une quelconque laisse molle. Je le monte donc avec une rêne, comme dans un atelier de l’instructeur de Parelli John Pyne.

Le tour était joué : mon Nico, heureux de ne plus avoir un instrument de torture dans la bouche, répondait mieux à mes commandes. Ses propriétaires, sidérés, m’ont alors dit : « On ne savait pas qu’on pouvait le monter sans mors! »

Une fois la transaction conclue, la dame de la maison m’a dit tout bonnement : « Vous devrez faire monter le cheval dans la remorque de la façon normale, vous savez, car il ne connaît pas d’autres façons de monter dans une remorque, surtout pas, comment vous dites? éthologique. » J’avais le sourire aux lèvres…

Selon vous, l’équitation éthologique devrait-elle être enseignée à tous les débutants avant qu’ils n’apprennent à monter? Autrement dit, devrait-on connaître la nature du cheval et son langage avant d’envisager de le monter?

 

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Derniers commentaires

  • Martin Boissonneault
    23 août 2011 - 20:31

    Je trouve dépassé de vouloir tout contrôler sans connaître comment ça fonctionne... Comme "l'ancienne" équitation... J'ai eu le privilège de commencer tard en équitation, (vers mes 30 ans) avec une pouliche de six mois. Première expérience, j'ai tout à apprendre! Mais j'ai toujours porté attention à ses réactions pour affiner ma méthode. Il est plutôt facile de voir quand un cheval n'aime pas, surtout quand il a l'esprit "libre", ouvert à la communication. En 2007, j'ai suivi une clinique sur l'équitation éthologique avec Sarah Boucher et Hélène Perrault. Toutes les bases y sont, la communication, la psychologie, les états d'âme. J'ai appris l'essentiel en une fin de semaine! J'ai ensuite pratiqué avec Magic, et j'ai découvert que les chevaux ont tous une télécommande! Il suffit de l'actionner... Alors Oui, tous ceux qui veulent être près des chevaux doivent suivre une telle formation! C'est le manuel d'instructions du cheval!

  • louise turcotte
    23 juin 2011 - 00:01

    mon expérience à moi qui est débutante dans ce domaine me prouve que j,ai commencé trop vite à monter mon cheval et si je recommencerais tout serais différent j,apprendrais le travail au sol pour mieux le lire et apprendre son language....après une chute qui fut traumatisante pour moi je me suis mise à faire des recherches sur le cheval et voilà ce qui m,a conduit vers l,éthologie donc présentement je m,amuse au sol avec mon cheval et quand nous serons prêt je le monterai en toute sécurité et en douceur ....à notre rhytme et sans pression Merci Evelyne de nous avoir partagée ta belle rencontre avec Nico

  • Bérangère
    22 juin 2011 - 13:28

    Beau début d'histoire! A la question "devrait-on connaître la nature du cheval et son langage avant d’envisager de le monter?", je repondrais definitivement que OUI!!! Apprendre a connaitre et a communiquer avec le compagnon qu'il soit a 4 ou a 2 pattes est primordial pour baser une relation solide et de confiance! Merci de ces chroniques equestres qui nous permettent d'évoluer et de se poser les bonnes questions afin d'avancer.