Alpina B7

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Le Summum de BMW

Pour ceux qui se demandent ce qu’est une Alpina B7, il y a une manière très simple de répondre à cette question. Alpina est à BMW ce qu’était AMG à Mercedes il y a quelques années. Alpina est un préparateur automobile indépendant qui travaille pour le compte de BMW depuis près de 40 ans. AMG, qui est maintenant propriété à 100% de Mercedes, faisait la même chose. La firme Alpina a donc utilisé la dernière génération de Série 7 de BMW et l’a modifié pour en faire une grande berline encore plus performante. La BMW M7 ne figura dans aucun catalogue, mais la B7 d’Alpina est ce qui s’en rapproche le plus. Alpina produit de 1 000 à 1 500 voitures par année, 500 se dirige vers les États-Unis et une cinquantaine ou un brin de plus pour le Canada, les plus grands concessionnaires BMW canadiens en vendent 2 ou 3 par année, pas plus. Vous pouvez donc être assuré d’une grande exclusivité au volant d’une B7.

Subtiles améliorations

Tout comme le fait AMG, Alpina s’occupe de donner une allure plus sportive aux modèles qu’ils transforment. Mais tous les changements sont d’une grande discrétion. Notre version à l’essai, une 750 allongée, 4 roues motrices se voit, rabaisser de quelques centimètres et possèdent des roues de 21 pouces uniques à Alpina. En faisant le tour de la voiture, on remarque des pots d’échappement uniques, une calandre plus aérodynamique et trois prises d’air supplémentaires à l’avant pour mieux refroidir le moteur dont la puissance est portée à 500 chevaux. Il y a aussi un becquet de plus grandes dimensions sur le coffre arrière qui augmente l’effet de sol. Mais les modifications vont beaucoup plus loin que de simples attributs physiques.

Un moteur de course

Si Alpina amorce avec le V8 4,4 litres biturbo de BMW, les ingénieurs lui font subir une séance de transformation maison. On augmente d’abord le format des turbos pour ensuite ajouter des têtes de cylindres renforcées, des pistons haute performance et Alpina refait la télémétrie du programme de gestion électronique du moteur pour une réponse plus sportive. La pression des turbo est réglée à 14,5 psi augmentant la puissance de 400 à 500 chevaux et le couple de 450 à 516 livres-pieds. Pour encaisser cette nouvelle puissance, Alpina ajoute un radiateur et un refroidisseur pour l’huile (pour absorber le surplus de chaleur) ainsi qu’un plus grand ventilateur. La transmission ZF à six rapports est renforcée, les barres antiroulis sont plus grosses et la suspension est rigidifiée à l’avant comme à l’arrière. Bref, sous une robe cossue, on devine le potentiel sportif de cette Alpina, mais qu’en est-il sur la route ?

C’est Toutatis en culotte de velours

Pardonnez-moi ici mon amour pour Astérix et Obélix. Mais lorsque Obélix parlait d’un moment de joie intense qui avait toujours rapport à la bonne chère, il disait que c’était comme Toutatis en culotte de velours, le summum du plaisir. C’est ce que représente la B7. Tous en conservant le même état d’esprit de grande berline confortable et haut de gamme, la conduite d’une B7 est beaucoup plus sportive qu’une 750, sans avoir le côté extrême d’une S63 de Mercedes. Le couple est tout simplement phénoménal, vous recevez des vagues de puissance dans le bas des reins à chaque poussée franche de l’accélérateur, mais jamais de secousses, la puissance arrive sans intrusion massive, très linéaire. J’ai réussi un 0-100 km/h en 4,8 secondes. Mais ce n’est ce 0-100 qui impressionne, c’est de voir à quelle vitesse continue de grimper l’odomètre après avoir franchi les 100 km/h, ça pousse comme un train. La voiture est limitée à 280 km/h, mais pourrait sans problème franchir les 300 km/h, si vous aviez une route pour le faire. Malgré toute cette puissance, la voiture a conservé une moyenne plus que raisonnable de 12,6 litres aux 100 km. Une fois très confortablement installé, vous profitez d’une position de conduite de rêve et vous pouvez même choisir votre mode de conduite. D’abord vous pouvez placer la boîte automatique en mode normal, sport ou manuel et via les boutons sur la console , vous ajustez également le style de conduite : Comfort, Normal, Sport et Sport +. En fonction de son humeur, voire de son emploi du temps, cette molette permet de gérer électroniquement le châssis et le groupe propulseur (séparément ou ensemble) ; en d’autres mots d’avaler les kilomètres en ayant l’impression de survoler le bitume ou de ressentir pleinement la puissance délivrée par les 500 chevaux. C’est proprement étonnant de voir tout ce que l’électronique peut accomplir. C’est avec beaucoup de difficulté (snif) que j’ai dû me farcir plus de 500 km pour bien assimiler tous les modes de conduite. Si je devais garder uniquement un mode de conduite, ce serait la boîte automatique en mode sport de même que le châssis en mode sport. La voiture conserve un confort étonnant, elle se laisse facilement guidée, sans chialer et la suspension pneumatique se charge des imperfections de la route avec brio, à une exception près : les nids de poule qui sonnent un peu raides.

Un habitacle sous le signe de la sobriété chic

Au-delà des écussons Alpina qui apparaissent ici et là dans l’habitacle, les gens d’Alpina reprenant à l’identique le mobilier de bord d’une Série 7, on peut avouer que cet intérieur ne suscite pas l’émotion ! Fort heureusement, il cultive de nombreux détails pour se différencier des produits de Munich. En prenant place, on découvre ainsi les seuils des portes illuminés du bleu Alpina, ou encore le bois de myrte (une veinure de racine de la famille des lauriers qui pousse exclusivement le long de la côte du Pacifique aux États-Unis) ou encore les compteurs à fond bleu et aiguilles rouges du tableau de bord assurant au conducteur une excellente lisibilité. Le propriétaire d’une 7 retrouve vite ses marques ; tandis que le nouveau client découvre un univers de luxe et de sportivité bénéficiant d’un accueil royal. En effet, à l’avant, le conducteur et son passager s’installent dans des sièges s’inspirant des fauteuils « première classe » de certaines compagnies aériennes. Réglable dans toutes les directions, ils ont le mérite d’être extrêmement confortables et de s’adapter à toutes les morphologies. A l’arrière, notre version d’essai allongée offre un espace plus que confortable. Le cuir fin en beige ajoutait beaucoup de clarté à l’intérieur qui offrait en plus un toit ouvrant surdimensionné.

Le verdict

Si vous n’avez jamais eu l’occasion de voler à bord d’un Jet privé, BMW et Alpina offrent l’équivalent pour la route avec la B7, une superbe berline qui peut rivaliser avec les plus grandes sportives.

Fiche Technique

• Moteur

    V8 4,4 L biturbo DACT, 500 ch à 5500

    Couple 516 lb-pi à 4250 tr/min

    Boîte de vitesses automatique à 6 rapports avec

    mode manuel

    0-100 km/h 4,6 s

    Vitesse maximale 280 km/h (limitée)

  Consommation (100 km) 12,7 L (octane 91)

   

•AUTRES COMPOSANTS

    Sécurité active freins ABS, assistance au freinage, répartition

    électronique de la force de freinage, contrôle de la

    stabilité électronique, antipatinage

    Suspension avant/arrière indépendante

    Freins avant/arrière disques

    Direction à crémaillère, assistée

    Pneus   avant : P245/35ZR21  arrière P285/30 ZR21

•    DIMENSIONS

    Empattement 3071 mm

    Longueur  5088 mm

    Largeur 1903 mm

    Hauteur 1484 mm

    Poids  2037 kg 

    Diamètre de braquage 12,5 m

    Coffre 500 l 

    Réservoir de carburant 82 L

Prix : 152 000$

-30-

Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2012.

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