Infiniti M35 h

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À chacun son hybride

Daniel Rufiange

Les constructeurs ont tous leur idée sur l’avenir de la motorisation hybride. Les plus optimistes disent que 30 % des véhicules qui sillonneront nos routes en 2020 mettront à profit une combinaison hybride quelconque. D’autres affirment qu’il est plus logique de croire que ce pourcentage sera de 10 %.

L’arrivée d’une version hybride de la M d’Infiniti signifie que le constructeur voit positivement l’avenir de cette technologie. Cependant, il ne suffit pas de commercialiser un véhicule qui en est muni pour que les consommateurs se ruent sur ce dernier. La ligne est mince entre le succès et l’échec.

Produit maison

La technologie hybride de la M35h a été développée à l’interne. Ainsi, on a droit à un système unique qui propose un mode de fonctionnement différent. Nommé Infiniti Direct Response Hybrid, ce dernier a la particularité d’être composé d’un moteur électrique de 50 kW, mais aussi de deux embrayages qui fonctionnent de façon parallèle.

L’embrayage situé entre le moteur conventionnel et la transmission est désengagé lorsque la voiture fonctionne en mode électrique et lors des périodes de décélération et est bien sûr engagé lorsque le moteur thermique est mis à contribution. Quant au deuxième embrayage, il est toujours actif.

Concrètement, ça permet à la voiture de fonctionner en mode électrique jusqu’à une vitesse de 100 km/h (l’auteur de ces lignes a réussi à atteindre 80 km/h en mode électrique). Qui plus est, le contact du moteur peut se couper lorsqu’on roule à une vitesse inférieure à 100 km/h. Le cas échéant, il est possible d’opérer en mode électrique sur une distance d’environ 2 kilomètres, après quoi le moteur à essence reprend du service. À ce moment, la batterie se recherche et le manège peut recommencer.

L’avantage de la solution Inifiniti, elle est là.

 

On peut aussi recharger la batterie grâce aux fonctions régénérantes du freinage.

Exemple

Si vous parcourez une distance de 20 kilomètres sur une route où la limite de vitesse est de 80 km/h, il est possible de rouler en mode électrique pour environ la moitié du trajet. Il suffit de relâcher l’accélérateur par moment pour permettre au mode électrique d’entrer en fonction et le tour est joué. De cette façon, il est possible d’obtenir une cote de consommation d’environ 6 litres au 100 kilomètres. Cependant, il faut faire des efforts comme limiter les accélérations brusques, relâcher sciemment la pédale d’accélération pour activer le mode électrique et se laisser décélérer parfois pour profiter de ce mode. Mais ça fonctionne. Et la transition entre les modes est souple. Certes, on la perçoit bien, mais elle n’a rien d’irritant.

Cependant, une fois sur l’autoroute, on ne peut rouler en mode électrique seulement. Malgré tout, un aller-retour Montréal-Québec s’est soldé par une consommation moyenne de 7.1 litres aux 100 km, ce qui est loin d’être mauvais.

Puissance ET économie

Infiniti promet l’économie d’un moteur à quatre cylindres et la puissance d’un V8.

Voilà l’une des philosophies derrière la technologie cachée dans la M35h; obtenir le maximum de puissance de la plus petite source possible.

En matière de puissance, la M35h en propose suffisamment. Ses performances se situent plus près de celle de la M56 (moteur V8) que de la M37 (moteur V6). La combinaison du moteur V6 de 3,5 litres de 302 chevaux de la M35h et du moteur électrique de 67 chevaux permet d’anéantir le 0-100 km/h en moins de 6 secondes. Impressionnant.

Une M adaptée

Cette version hybride de la M a dû être légèrement adaptée. D’abord, elle affiche un surplus de poids de 125 kg, résultat de la présence d’organes mécaniques supplémentaires. Ainsi, Infiniti a cru bon d’emprunter des éléments de suspensions aux versions sport du modèle M. Au volant, on n’y voit que du feu. 

Bien sûr, le volume du coffre a été légèrement amputé, mais le choix d’une batterie au lithium-ion a limité la quantité d’espace requise. Les randonnées vers les parcours de golf peuvent se faire à bord de la M35h.

Vous aurez également remarqué la présence du moteur V6 de 3,5 litres précédemment alors que la M37 à moteur thermique utilise la dernière évolution des moteurs VQ, soit un V6 de 3,7 litres. Chez Infiniti, on indique que le développement n’était pas complet du côté de ce dernier, notamment en ce qui a trait au cycle Atkinson dont bénéficie le moteur de 3,5 litres.

Le cycle Atkinson permet des économies de carburant d’environ 10 à 15 %. La perte de couple à bas régime associé à ce type de technologie est grandement compensée par le moteur électrique. Ce dernier propose son couple dès 0 tr/min.

Enfin, on a délaissé la transmission CVT, normalement utilisées avec les véhicules hybrides. Plutôt, on retrouve une boîte automatique à 7 rapports dont le convertisseur de couple a été remplacé par le moteur électrique et le deuxième embrayage. C’est la sensation de conduite qui en bénéficie.

Une voiture encensée

La M d’Infiniti a fait ses débuts l’an dernier et a reçu une bonne presse. Son intérieur a mérité les grands honneurs du magazine Ward’s. Quant à lui, le réputé Consumer Reports lui a décerné le titre de meilleure berline de luxe. Ça s’est traduit par un bond de 158 % des ventes du modèle, mais il importe de mentionner que l’ancienne M était peu populaire. Il demeure que cette variante hybride demeure un excellent produit.

Reste à savoir quelle sera la réponse des consommateurs, eux qui ne sont jamais très chaud à l’idée de débourser un supplément pour se pavaner au volant d’une version hybride.

La M35h affiche un prix de base de 67 300 $. Pour le situer, c’est environ 6000 $ de plus qu’une version M37 équipée semblablement. C’est toutefois 15 000 $ de plus qu’une version de base de la M37. Par contre, ce n’est que 1100 $ de plus qu’une version de base de la M56.

Tout dépend du modèle auquel on la compare.

Infiniti croit que 20 % des acheteurs de la M opteront pour une version hybride. Voilà qui serait impressionnant.

Conclusion

Le problème d’Infiniti ne sera pas de convaincre les acheteurs d’Infiniti des vertus de la M, mais bien d’attirer les clients de BMW, de Mercedes-Benz et d’Audi du côté de la bannière japonaise. Car, dans ce créneau, c’est le prestige qui compte, bien plus que toute autre considération d’ordre logique. Et celui d’Infiniti, quoi qu’on en dise, n’est pas encore à la hauteur de ses concurrents allemands.

Le principal défi du constructeur, il est là.

Fiche technique

•    MOTEUR

    V6 3,5 l DACT + moteur électrique, 302 ch à 6800 tr/min (puissance totale combinée 360 ch)

    Couple 258 lb-pi à 5000 tr/min (moteur à essence seul)

    Transmission automatique à 7 rapports

    avec mode manuel

    0-100 km/h 7,2

    Vitesse maximale 240 km/h

Consommation (100 km) 6,8 L

   

•    AUTRES COMPOSANTS

    Sécurité active Freins ABS, assistance au freinage, répartition

    électronique de force de freinage, antipatinage,

    contrôle de stabilité électronique

    Suspension avant/arrière indépendante

    Freins avant/arrière disques

    Direction à crémaillère, assistée (4 roues actives avec groupe Sport modèles 2RM)

    Pneus P245/50R18

•    DIMENSIONS

    Empattement 2900 mm

    Longueur 4945 mm

    Largeur 1845 mm

    Hauteur 1515 mm

    Poids  1873 kg   

    Diamètre de braquage 11,2 m 

    Coffre  320 l

    Réservoir de carburant 67 l

Prix : 67 300 $

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