Pas de sexe ni d'espionnage à Ottawa

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". . . .seulement une amitié!"

 

Le secrétaire parlementaire aux affaires étrangères, Bob Dechert, qui est  un député conservateur de Toronto, a eu une relation questionnable avec une jeune journaliste chinoise envoyée ici par le gouvernement de Chine.

En tant que secrétaire parlementaire Dechert assiste aux réunions les plus importantes au ministère des affaires étrangères et a accès à des secrets d'Etat qui impactent directement sur la Chine.

Le gouvernement Harper dit qu’il ne faut pas s’en faire.

C’était une « flirtation » très innocente, nous dit Stephen Harper qui a déjà pardonné Dechert pour ses indiscrétions, et pour le récompenser l’a même nommé sur un comité de justice pour aider à choisir les deux prochains juges de la Cour suprême.

Ce n’est pas comme cela que les professionels du renseignement perçoivent l’affaire. La très jolie dame en question, Shi Rong, est la correspondante à Toronto de l'agence de nouvelles Xinhua de Chine.

L'affaire est venue à la lumière, jeudi soir dernier, quand un paquet de courriels a été envoyé à plus de 240 médias, universitaires, des contacts politiques et d'affaires partout au Canada.

 

Madame Shi dit que c’est son mari en Chine, qui en colère, aurait « piraté » les courriels intimes avec  M. Dechert, y compris ceux où il professe l'amour pour son « amie. »

Un courriel, de M. Dechert  à Mme Shi, daté du 17 avril 2010 lui dit: «Vous êtes si belle. J'aime vraiment l'image de vous, près de l'eau avec vos belles joues toutes gonflées. Ce regard est si mignon, j'adore quand tu fais ça. Tu me manques plus que jamais. "

Dechert admet qu’il est allé trop loin.  Mais il explique : "Ces courriels sont coquettes, mais l'amitié est restée innocente et ça n’a jamais été plus qu’une une simple amitié. Je m'excuse pour tout dommage causé à quiconque par cette situation. "

Les autorités du renseignement canadien disent que ce ne sont pas les services d’espionnage chinois qui ont vendu la mèche. Leur avantage aurait plutôt été de faire continuer la relation pour en tirer profit.

 

Les conserveurs de Stephen Harper se sont vite rallier à Dechert.

Dans d’autres pays, un secrétaire parlementaire compromis de cette façon aurait été congédié pour de telles niaiseries.

Le lendemain, un porte-parole au bureau du Premier ministre a déclaré que le gouvernement conservateur avait accepté l'explication de M. Dechert qu’il n’y a eu aucun «comportement inapproprié».

Cela a protégé Harper qui est allé en voyage d’état en Chine accompagné de son ami Dechert en 2009.

Interrogé sur l'affaire Dechert, le ministre des affaires étrangères John Baird a défendu son secrétaire parlementaire comme étant un homme "doux. " Il n’a pas expliqué ce que « doux » voulait dire dans ce contexte.

Dans les milieux de sécurité canadiens  il est assez bien établi que les correspondants de Xinhua travaillent non pas seulement pour leur agence de nouvelles, mais aussi pour les ministères de la sécurité chinoise.

En 2003, une haute-fonctionnaire canadienne responsable des dossiers chinois-canadien au Bureau du Conseil privé qui avait déjà travaillé pour l'agence Xinhua a été congédiée pour avoir maintenu des contacts sociaux avec les anciens correspondants de l’agence.

 

Richard Fadden, le grand boss du Service canadien de renseignement et de sécurité avait créé toute une tempête l'année dernière quand il a déclaré dans une interview qu’un certain nombre de politiciens étaient sous l'influence de pays étrangers.

 

Il a refusé de nommer les pays en question, mais dans les milieux de sécurité, on a vite compris qu’il parlait de la Chine. 

 

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