Harper perd contre les postiers

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Qui gagnera la prochaine ronde?

Harper a perdu la deuxième ronde la semaine dernière dans son combat contre les postiers canadiens.

Un juge de la cour fédérale, Luc Martineau a décidé que les postiers ont droit au moins à un arbitre qui parle français, dans leur litige contre leur employeur, Postes Canada.

Le français est la langue de travail pour une bonne partie des postiers, et pour plusieurs témoins qui comparaitront devant l’arbitre.

C’était le Premier ministre Stephen Harper qui a nommé un ancien juge unilingue anglophone, Coulson Osborne, pour agir comme arbitre dans le conflit.

On sait ce que Harper pense du bilinguisme. La semaine dernière il a nommé un juge unilingue anglophone à la Cour suprême du Canada, Michael Moldaver.

 

On se rappelle Harper avait gagné la première ronde contre les postiers au mois de mars, lorsqu’il les avait obligé à retourner au travail sans convention collective plutôt que d’accepter l’offre de Postes Canada.

Postes Canada avait offert 19 $ de l’heure, mais Harper avait décidé que 18 $ de l’heure suffisait.   Postes Canada n’osait pas contredire le grand boss. C’était à ce moment que Harper a nommé son juge-arbitre.

Les postiers avaient commencé une série de grèves tournantes au début de juin. Postes Canada, sous les ordres de Harper, a décrété un lock-out deux semaines plus tard.

Le juge Luc Martineau a ordonné que la procédure d'arbitrage soit mise de côté pour trois mois. Ce suspens donnera possiblement assez de temps à Harper pour trouver un arbitre qui parle les deux langues officielles.

Il y avait un autre petit problème.  D’habitude les deux parties, syndicat et employeur, choisissent l’arbitre ensemble, et doivent ensuite respecter sa décision.

Dans ce cas-ci c’est Harper qui a choisi l’arbitre, que ne semble pas avoir fait l’affaire du syndicat, et possiblement pas de Postes Canada.

Il y avait un autre petit problème.  Le juge choisi par Harper, semble-t-il, n’a pas beaucoup d’expérience dans le droit du travail.  C’était à ce moment que le syndicat s’est opposé au choix de Harper.

Il est prévu que la Cour fédérale pourra entendre les arguments des deux parties au mois de janvier.

Le syndicat a affirmé que le juge Osborne est un choix inapproprié parce qu'il lui manque l'expérience nécessaire dans les relations de travail et, comme un anglophone unilingue, ne comprendra pas les témoins francophones.

C’est pourquoi dans sa décision de jeudi, le juge Luc Martineau a accepté la demande du syndicat de mettre la procédure d’arbitrage en suspens.

Martineau a noté  que dans de telles procédures l'arbitre est généralement choisi par les parties - ou au moins il est acceptable aux deux parties.

«Cette décision montre que le syndicat est sur la bonne voie", a déclaré Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes.

 «Nous avons questionné le processus par lequel ce gouvernement a forcé sa volonté sur les travailleurs postaux."

Il reste à voir qui gagnera la troisième ronde au mois de janvier.

 

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