Voiture verte de l''annés aux États-Unis

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Un prix qui sent la fumisterie

La semaine dernière se tenait le salon de l’auto de Los Angeles, patrie des écolos et des granos de tout acabit.  Les membres du green car journal profitaient de la tenue du salon et de la visibilité de ce dernier pour décerner, depuis plusieurs années, le prix du «Green Car of the year». Disons simplement pour être poli que le choix du véhicule pour 2012 a de quoi rendre sceptique. Dans un monde où on peut maintenant se procurer des véhicules 100% électrique comme la Nissan Leaf, la Mitsubishi i-Miev et même un Chevrolet Volt, les membres de ce jury ont choisi une Honda Civic au gaz naturel comme voiture «verte» de l’année.

Uniquement aux Etats-Unis

Il faut d’abord préciser que cette Civic est uniquement disponible aux Etats-Unis. Et de savoir qu’elle a été préférée à des finalistes comme la Prius hybride rechargeable, une Ford 100% électrique, la Mitsubishi i-Miev et une Volks Diesel, c’est à n’y rien comprendre. Un véhicule à gaz naturel utilise comme carburant du méthane sous forme gazeuse comprimée. La source de propulsion est un moteur à combustion, tout comme pour les véhicules à essence. La combustion s’effectue non pas avec de l’essence mais avec du gaz naturel mélangé à de l’air dans les cylindres. La Honda Civic CNG  (Clean Natural Gas) consomme 52% de plus et émet 35% plus de CO2 que la version hybride. En fait, à peu de chose près, elle émet environ la même quantité de polluants qu’une voiture à essence. ET même si le jury souligne le côté plus économique du gaz naturel, ce dernier est beaucoup moins efficace que l’essence. Une Civic CNG peu parcourir 386 kilomètres avec un plein, selon les responsables de chez Honda USA. Avec un plein d’essence, vous pouvez facilement vous rendre à 650 et même 700 kilomètres avec une Honda Civic. Mais ce qui étonne le plus dans la remise de ce prix, c’est une petite phrase à la fin du communiqué lors de la remise du prix de l’association. Le gaz naturel est considéré comme une énergie d'avenir aux États-Unis, pays qui dispose de larges réserves. On comprend mieux la séance de lobbying en coulisse pour la remise d’un prix bidon.

Ce n’est pas la première fois que cette association fait des choix contestables. Le Green Car Journal avait remis ce prix à la Volks TDI en 2009 et la Yukon hybride(!) en 2007. Tout cela sent la magouille politique. Je ne dis pas que la Civic CNG ou la Volks Golf tdi sont de mauvaises voitures, mais dans un monde automobile où il existent maintenant de véritables voitures qui n’émettent aucune pollution, comment peut-on attribuer un prix écologique à une voiture qui pollue autant qu’une voiture à essence, cela ne tient pas debout. Il est vrai que n’importe quelle voiture à essence peut être converti sans souci au gaz naturel, que le développement d’une telle technologie est infiniment moins coûteuse que la voiture électrique où hybride, mais cela n’est fait pas une voiture verte.

Étude à l’appui

À l'échappement, par rapport à l'essence, cette différence aboutit à une réduction des gaz à effets de serre (CO2) de 15 à 25 %. C'est bien, mais si l'on considère que le gaz naturel est tout autant une ressource fossile que le pétrole, ce n'est pas suffisant pour convaincre un écologiste de la supériorité de ce carburant. L'avantage principal est ailleurs, il est dans la combustion plus propre du GNV, laquelle dégage moins d'oxydes d'azote, moins de particules, et moins de composés organiques volatils (C.O.V.) que l'essence ou le diesel. Mais il y a un mais.

Le gaz naturel est comme son nom l'indique naturel, il faut comprendre brut, et de qualité variable. Pour donner une illustration, le constructeur Volvo, qui travaille depuis longtemps sur le GNV, avait organisé un jour une séance d'essais avec des voitures au GNV, au Danemark. Les ingénieurs n'y comprenaient rien, les voitures n'avaient pas du tout les mêmes performances que lorsqu'elles étaient en Suède. L'explication était pourtant simple, le gaz naturel, d'un pays à l'autre, n'est pas le même. Ce qui veut dire que selon la provenance, le taux de méthane varie et la distance que vous allez parcourir avec un plein d’essence en subira les conséquences.

Le prix de la voiture verte devrait être obligatoirement décerné à une énergie non polluante comme un véhicule 100 % électrique, à hydrogène où à la limite un hybride qui offre une possibilité de rouler en mode zéro pollution.

-30-

Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2012. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.

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