Le passé est garant de l’avenir

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Les gens de ma génération (plus de 45 ans) se souviennent tous de la première Volks GTi qui avait amené le plaisir de conduire. Avec le recul, cette voiture n’était pas très puissante, mais admirablement maniable et surtout très légère. À moins de 1000 kilos, son équilibre et sa prise en main rendaient la voiture très agréable à conduire. La GTi d’aujourd’hui a presque le double de puissance, mais aussi le double du poids et ce surplus de kilos handicape en partie le plaisir de conduire. La Gti est un exemple parmi d’autres, nous pourrions ainsi citer en exemple bon nombre de sportives qui se sont embourgeoisées depuis 20 ans et qui ont laissé au passage un partie de plaisir de conduire derrière eux

Mais il y a de bonnes nouvelles

Dans un effort concerté pour consommer moins de carburant, les constructeurs explorent de plus en plus l’utilisation de matériaux légers pour entrer dans la fabrication des véhicules. Ainsi, des alliages de super acier plus léger ont vu le jour. Audi utilise de plus en plus l’aluminium pour ses véhicules à grand volume et la fibre de carbone pour les modèles haut de gamme. Plus un modèle est léger, moins il consomme. On voit aussi une révolution moteur. Les turbos reviennent avec rage partout dans le monde automobile. La cylindré diminue, mais pas la puissance grâce à des compresseur volumétrique ou des turbos. Depuis plus de 20 ans, la mentalité générale était de combattre le surplus de poids par l’ajout de puissance en augmentant simplement la cylindrée des mécaniques. De toute manière, le carburant était peu dispendieux et la méthode pour y arriver peu coûteuse.

Un  nouveau plaisir de conduire à l’horizon

Avec la fin de la course aux armements comme on la connaît, c’est à dire le plus de puissance brute possible, va naître une autre course, celle du meilleur rapport poids/puissance sur le marché. Beaucoup de constructeurs reviennent à la base du problème et ceux qui prévoient la fin du plaisir de conduire se trompe. L’industrie automobile ne peut se passer de son plus puissant argument de vente, elle trouvera dans l’adversité une manière de remettre le plaisir de conduire au goût du jour.

Toyota et Subaru présente un bel exemple

La sophistication incessante des voitures sport fait en sorte que c’est maintenant l’électronique qui domine et non le pilote. Les suspensions pilotés électroniquement font des miracles pour la tenue de route, les aides électroniques à la conduite font de n’importe quel amateur un pilote compétant, mais le lien homme/machine n’est plus ce qu’il était. Avec les coupés GT-86 et BRZ, Toyota et Subaru prouvent au contraire que nous allons assister à une renaissance de la voiture-plaisir. Oui, le plaisir de à sa plus simple expression. L’idée est d’utiliser ce qu’il y a de bons dans les technologies modernes pour contrer au mieux la consommation excessive de carburant en éliminant ce qui nuit au plaisir derrière le volant. Les constructeurs exploitent déjà des technologies comme l’injection directes, le turbo, le «Start & Stop», l’hybridation et la régénération de l’énergie cinétique. Il faut maintenant allier cela à des matériaux plus légers. Prenons l’exemple de Subaru, qui a développé un 4 cylindres à plat atmosphérique de 2 litres et 200 ch. Toyota, de son côté, a concocté une bi-injection (un injecteur par cylindre plus un dans chaque tubulure d’admission) qui permet de réduire la consommation. Le quatre cylindres en H abaisse au passage le centre de gravité, et sa position très reculée permet un équilibre des masses presque idéal (53/47).

La coque est en acier à haute limite élastique, le capot en aluminium. La voiture ne pèse que 1 220 kilos. Pas beaucoup d’aides électroniques, ni de suspension pilotés : les ingénieurs on fait le choix de la simplicité, en préférant miser sur les sensations prodiguées au pilote plutôt que sur l’efficacité chirurgicale. Subaru a même renoncé à la transmission intégrale pour en faire une traction, plus légère et plus sportive, un différentiel à glissement limité assure une bonne tenue de route. Ces deux voitures promettent le retour du vrai plaisir de conduire ou l’homme et la machine ne font qu’un. Souhaitons simplement que l’idée vienne à bien d’autres constructeurs.

-30-

Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2012. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.

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