Camions Mercedes

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L'envers de l'étoile

Daniel Rufiange

Stuttgart, Allemagne — Ici, en Amérique du Nord, lorsque mention est faite du nom Mercedes-Benz, il n’y a qu’une seule chose qui vient en tête des gens : la référence à des voitures de luxe. Pourtant, s’il y a bien une division qui a contribué à faire la renommée de la firme de Stuttgart, c’est celle des camions, des fourgons et des autobus. Elle occupe une place de choix dans les 125 ans d’histoire de la compagnie.

En Europe, la mention du même nom Mercedes-Benz renvoie à un éventail plus large de produits. Là-bas, les catégories de véhicules que nous venons de mentionner font partie du paysage.

C’est un peu pourquoi la division canadienne de Mercedes-Benz nous a invités à découvrir cette autre facette de la compagnie, moins connue de ce côté-ci de l’Atlantique. Deux choses motivent la firme à agir ainsi. D’abord, les ventes de son Sprinter ne sont pas à la hauteur de ce qu’elle souhaiterait. Voilà une occasion de ramener les projecteurs sur ce dernier. Mais, cela risque d’en intéresser plus d’un, Mercedes-Benz prépare l’arrivée d’autres véhicules en Amérique du Nord. Pour mettre la table, quoi de mieux que de nous inviter à aller les découvrir?

Voici donc un court portrait de la division des fourgons chez Mercedes-Benz. La question ultime est de savoir si ces derniers peuvent se faire une niche en Amérique du Nord.Nous vous présenterions bien les divisions des camions et des autobus, mais le constructeur n’a aucune intention d’introduire ces derniers sur notre marché.

Vito et Viano : un duo intéressant

Voilà deux produits forts originaux. Le Vito se veut le véhicule de fonction par excellence. Ses dimensions, qui se situent entre celles d’une Mazda5 et d’une Dodge Grand Caravan, en font le passe-partout urbain idéal. Il est offert en deux versions, soit Panel Van et Mixto. L’acheteur a le choix entre deux empattements, trois longueurs d’espace cargo et deux configurations de toit. La variante Mixto peut être équipée de sièges supplémentaires. Quant au Viano, il s’agit d’une version haut de gamme qui sert surtout au transport de passagers. L’intérieur peut être aménagé à souhait et même comprendre une table de travail. Le Viano est aussi offert en deux versions soit FUN et MARCO POLO. Le nom de cette dernière n’est pas un hasard alors qu’on a ici droit à une incarnation moderne d’une Volkswagen Westfalia.

Le Viano FUN profite de deux empattements différents alors que la variante MARCO POLO n’est offerte qu’avec un seul. Ce qu’on retient de tout ça, c’est que la polyvalence est au rendez-vous avec ce duo. L’acheteur a un immense choix devant lui, choix qui est certain de répondre à ses besoins.

Bien entendu, côté motorisation, c’est le royaume du moteur Diesel. Le Vito en propose quatre; le Viano, trois. Un seul moteur à essence est offert pour les deux versions. Vous avez l’eau à la bouche? Sachez que Mercedes-Benz compte commercialiser le Vito chez nous, quelque part à l’horizon 2013-2014. Et, fait intéressant, la division des fourgons s’apprête à lancer une version entièrement électrique de ce véhicule sur le marché européen. Détail amusant, on nous explique qu’en Europe, l’autonomie de cette dernière, évaluée à 130 kilomètres, est suffisante pour que les entrepreneurs puissent effectuer leur journée de travail. Disons qu’ici, ils en seraient quittes pour quelques heures… Recevrons-nous cette version éventuellement? Peut-être.

Le Sprinter

Bien sûr, celui-là, on le connaît bien. Cependant, nous sommes peu familiers avec les autres versions du Sprinter. En effet, en Europe, il est possible de commander une camionnette Sprinter. À l’image de nos Ford F-150 et Ram 1500, cette dernière peut être livrée avec différents empattements (3), diverses configurations de cabines (2), différentes longueurs de boîtes (5) et une multitude de longueurs de châssis (9).

Encore là, le mot polyvalence revient à l’esprit.

N’attendez pas ces versions sur notre continent, toutefois.

La City Van

Un petit mot sur ce que Mercedes-Benz appelle affectueusement la City Van, une version lilliputienne de la Vito. La City Van serait en fait une copie de la prochaine Renault Kangoo, fruit d’une entente entre les deux entreprises. Pour l’instant, cette dernière n’est pas appelée à traverser l’océan, mais comme le mentionne Miki Velemirovich, le directeur de la division des fourgons chez Mercedes-Benz Canada, « Nous évaluons constamment les tendances du marché et les demandes de nos clients. Si le besoin se fait sentir, nous étudierons alors la possibilité de lui faire traverser l’océan. »

Concrètement

Si, sur papier, tout cela semble bien beau, la réalité n’est pas aussi rose pour le constructeur. D’abord, il doit travailler à redéfinir son image en Amérique du Nord pour faire comprendre aux consommateurs que s’il vend des camions, ce n’est pas de la frime; il possède vraiment la compétence pour le faire.

On nous l’avoue candidement au sein de Mercedes-Benz Canada, certains acheteurs sont mal à l’aise, voire intimidés, à s’afficher avec un véhicule de compagnie arborant l’étoile argentée. Ils ne veulent pas passer pour des gens riches.

Le deuxième obstacle concernant l’éventuelle commercialisation d’autres fourgons Mercedes-Benz en Amérique, c’est la fameuse Chicken Tax américaine. Cette dernière stipule qu’une taxe de 25 % doit être appliquée aux camions vendus en sol américain s’ils sont construits ailleurs qu’aux États-Unis. Pour soustraire ses véhicules (le Sprinter pour l’instant) à cette fameuse taxe, Mercedes-Benz doit les désassembler en Europe, les envoyer en Amérique en quelques pièces détachées sur différents bateaux pour ensuite les réassembler aux États-Unis. Le Vito sera soumis à cette taxe. Il devra donc subir le même sort que le Sprinter avant d’arriver ici. Bien que les véhicules vendus au Canada ne soient pas assujettis à cette taxe, c’est le marché américain qui dicte la ligne de conduite du constructeur. Une sérieuse question de logistique et d’évaluation de coûts, on en convient. 

Conclusion

Le marché du fourgon, pour l’instant plutôt limité, s’apprête à s’embourber avec l’arrivée de nouveaux produits du côté de Dodge (Ducato), de Ford (Transit) et de Nissan (NV200). Mercedes-Benz renifle là un filon qu’elle a envie d’exploiter. Lui reste seulement à déterminer avec quels outils elle pourra mieux le faire.

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