Un optimiste prudent au salon de l’auto de Détroit

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Tous s’accordent dans le milieu automobile à confirmer que l’industrie automobile s’est rapidement remise  sur pied. C’est en 2009 que General Motors et Chrysler était passé sous la protection de la loi contre les faillites. Ford qui avait évité la procédure avait tout de même dû hypothéquer tout ce qu’elle possédait pour résister  au contrecoup de l’économie vacillante qui secouait le pays.

Dès 2010, les choses commençaient à se remettre en marche. Les ventes de voitures neuves ont augmenté de 10% en 2011 aux Etats-Unis, deuxième année consécutive de croissance. Et, pour 2012, analystes et dirigeants anticipent un marché en hausse de 4% à 9%, une estimation considérée comme prudente qui s'explique surtout par les craintes des conséquences d'une éventuelle aggravation de la crise de la dette de la zone euro.

Pour la première fois en 23 ans, les trois grands constructeurs américains ont grignoté des parts de marché aux Etats-Unis en 2011. Mais la concurrence risque de s'intensifier cette année, avec le retour en force des constructeurs japonais et les ambitions du sud-coréen Hyundai et de l'allemand Volkswagen. Ceci étant dit, le retour à un marché automobile de 17 millions de voitures écoulées par an - rythme auquel évoluaient les Etats-Unis avant la crise financière de 2007-2009 - n'est pas d'actualité. Les analystes anticipent  un marché très concurrentiel parce qu'il y a maintenant huit constructeurs qui se battent pour des parts de marché. Volkswagen est devenu très agressif aux Etats-Unis (...) et Hyundai-Kia va continuer à être porté par sa dynamique de 2011.

Volkswagen s'est fixé pour objectif de vendre plus de 500.000 véhicules aux Etats-Unis en 2012, a annoncé le directeur général de Volkswagen Group of America Jonathan Browning. Le constructeur automobile allemand a vendu 444.192 véhicules l'année dernière, 23,3% de plus qu'en 2010. En termes de performances commerciales, l'ensemble Hyundai-Kia a fait encore mieux, avec un bond de 26% des livraisons aux Etats-Unis en 2011.

Une kyrielle de nouveautés

Le grand nombre de nouveaux modèles qui ont été présentés lors du salon de Detroit témoigne de la concurrence accrue à laquelle vont devoir faire General Motors, Ford et Chrysler. Toyota, qui a perdu 2,3% de parts de marché aux Etats-Unis l'an dernier, ainsi que les deux autres géants japonais que sont Nissan et Honda joueront à nouveau sur un pied d'égalité en 2012, leurs capacités de production ayant été affectées en 2011 par le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars et les inondations survenues au cours de l'été en Thaïlande. Chrysler, le plus petit des trois grands constructeurs américains, peut être vu comme le symbole du rebond du marché automobile aux Etats-Unis, la filiale de Fiat ayant vu ses ventes bondir de 37% en décembre 2011.

Un bon marché à court terme pour les États-Unis

Les taux de croissance paraissent bons parce que les chiffres partent de loin.  Les américains qui achètent en moyenne 16 à 17 millions de véhicules neufs par année, ont diminué autour de 10,5 en 2009 et remonté depuis autour de 12,5 millions pour 2011. IL y place à amélioration dans le court terme, mais qu’en sera-t-il dans quelques années quand le marché aura repris son rythme de croisière. Toutes les études démontrent que les jeunes sont beaucoup moins intéressés par l’automobile  et plusieurs spécialistes prévoient que le marché pourrait se stabiliser autour de 13 à 14 millions et ne plus retrouver ses valeurs d’autrefois. Au Canada, le marché est stable entre 1,5 et 1,65 million de véhicules par année. Mais encore une fois, l’endettement record des ménages canadien fait dire à plusieurs que ces chiffres pourraient baisser au cours des prochaines années.

Une année 2012 qui somme toute sera relativement tranquille.

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