Des informations obtenues par la torture

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Le gouvernement Harper a décidé de permettre aux espions canadiens d'utiliser des informations obtenues par la torture, pourvu que la torture soit pratiquée par quelqu’un d’autre.

Mais selon Stephen Harper, c’est seulement dans les cas où la sécurité du public est en cause.

Ce pouvoir a été accordé au Service canadien de renseignement et de sécurité le 10 décembre 2010, mais n’a jamais été rendu public.

Ça va à l’encontre de la politique canadienne traditionnelle de rejeter tout renseignement obtenu par la torture, peu importe où la torture a eu lieu.

Malheureusement, la directive ne dit pas qui décidera quand la sécurité du public est en cause, le gouvernement Harper, un juge de la Cour fédérale, le SCRS ou même les tortionnaires.

La directive n’explique pas ce qui constitue une menace - des actes terroristes, des individus qui ont placé des bombes, ou des individus qui espèrent un jour placer des bombes. 

Ça rappelle les cellules du Front de libération du Québec des années 60.

Certains membres de ces cellules étaient très sérieux. D’autres étaient des jeunes qui se prenaient pour des révolutionnaires.

Ça rappelle aussi l’emprisonnement en Syrie de l’ingénieur canadien Maher Arar, envoyé à la torture là-bas pour 18 mois par les services de renseignement américains avec l’approbation de la GRC à la suite d’une fausse dénonciation obtenue d’un prisonnier sous torture en Syrie.

Il y a eu une enquête en règle au Canada, qui a fini par payer un dédommagement de 10 millions $ à Maher Arar.

C’est en décembre 2010 qu’a été préparée la directive de deux pages dans laquelle le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, avise le SCRS que le gouvernement s'attend désormais à ce qu'il fasse de la protection de la vie et de la propriété sa plus haute priorité.

Elle représente un renversement de politique du gouvernement conservateur qui exigeait jusqu'ici que le SCRS rejette toute information d'origine douteuse.

Le Canada prêche toujours contre la torture aux Nations Unies et condamne les pays qui s’en servent. Maintenant tout cela vient de changer.

On ne sait toujours pas pourquoi c’est venu en forme de directive du ministre plutôt que de faire suite à une loi au parlement, ni même si la directive est légale.

La section canadienne d'Amnistie internationale l'a vivement condamnée, estimant que de l'information obtenue sous la torture est inacceptable dans une société de droit.

La torture a toujours été un sérieux problème pour M. Harper. En 2008, plutôt que d’ouvrir le dossier sur la torture des prisonniers canadiens en Afghanistan, Harper a prorogé la session et fermé le parlement à clef.

 

 

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