Le vin canadien sera aussi offert à volonté.
C’est du « marketing » pour mieux faire connaître les marques canadiennes aux journalistes étrangers. Une autre brillante idée de Stephen Harper.
Est-ce que un journaliste étranger bien soûl ne se rendra pas compte qu’il n’est pas parmi les élus journalistiques au G-8 à Huntsville, mais plutôt à Toronto, 180 kms au sud, campé aux abords d’un lac artificiel, bordé de roches en plastique et un quai dans un pied d’eau.
Les bruits de la forêt boréale ontarienne – cris des huards compris – proviendront de haut-parleurs (déguisés en marmottes?) C’est pour recréer l’ambiance des Muskokas. Il ne manque plus que les moustiques du Parc Algonquin. Et plus de bière.
Les réunions du G-8 seront transmises sur le Jumbotron au dessus du lac, mais les journalistes pourront changer le poste et regarder les matchs de la Coupe du Monde.
La bouffe sera fournie gratuitement par 112 restaurants torontois, pour faire connaître la cuisine canadienne.
En tout les deux sommets sont soixante-douze heures de réunions au coût de 1,1 milliards $, payés par les Canadiens pour le bénifice de 20 leaders de pays importants. Les participants ne s’engagent en rien. Leurs résolutions n’auront pas force exécutoire.
Parle, parle, jase, jase. Bye-bye la visite. Merci pour la bière.
L’ébauche du communiqué final a déjà été préparée par les fonctionnaires qui sont à l’œuvre depuis longtemps. Ils sont même allés au Carnaval de Québec l’hiver dernier, pour mieux s’inspirer à nos frais.
C’est Harper, en tant qu’hôte, qui a déterminé le contenu de l’ordre du jour. Pas question de discuter des sables bitumineux. Les grandes compagnies pétrolières n’aimeraient pas ça.
Pas question non plus d’adopter une taxe bancaire. Les grandes banques canadiennes n’aimeraient pas ça.
Et pas question de discuter du libre choix en matière de reproduction pour les femmes du Tiers-monde. La droite chrétienne qui vote Harper s’y oppose religieusement.
Mais un milliard de dollars, pour 72 heures de discussions, c’est de l’argent. Surtout pour un pays qui a déjà un déficit de 56 milliards $ cette année.
On est loin du sommet de Halifax en 1995. C’était l’année après le sommet « Cadillac » tant critiqué à Naples en Italie, une rencontre qui avait coûté une fortune, soit 120 millions $. Jean Chrétien avait alors promis de tenir un sommet « Chevrolet » au Canada en 1995.
Les réunions ont eu lieu dans l’ancien édifice de la compagnie Kodak à Halifax. Chrétien a dépensé six millions pour asphalter un terrain vacant et y installer quelques pots de fleurs. Point à la ligne.
Pour économiser sur le coût du mobilier Chrétien a emprunté des grandes tables en cerisier utilisées à Naples en 1994. Toujours aussi belles en 1995 qu’en 1994, avait-t-il dit.
Aline Chrétien, quant à elle, avait recyclé le tissu des toiles de fonds de Halifax pour en faire des rideaux pour la salle à manger du 24 Sussex à Ottawa.
Les temps étaient différents; les Premiers ministres aussi.
Bière et vin à volonté aux sommet du G-8
Les journalistes au centre des médias de Toronto auront droit à toute la bière canadienne qu’ils pourront boire. Gratuitement.
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