Le cardinal Ouellet, primat de l’Église catholique au Canada, sera en en charge des évêques du monde entier, y compris leurs problèmes avec les prêtres et les petits garçons.
Pour Harper c’est un cadeau du ciel. Le départ du cardinal mettra fin à ses menaces d’ouvrir de nouveau le débat sur l’avortement, une question qui est réglée depuis 1989.
C’est la dernière chose que Harper veut avec des élections qui approchent.
Un débat maintenant sur l’avortement risque de diviser sérieusement son Parti conservateur qui est formé à part égale de vieux conservateurs modérés et les Réformistes de Preston Manning.
Parmi les Réformistes il y a une droite chrétienne « fondamentaliste » et évangéliste qui est aussi farouchement contre l’avortement que le cardinal lui-même. Ensemble, ça pourrait renverser Harper.
Msgr Ouellet a lancé la première pierre lors d’un discours le 15 mai. Il a dit qu’une femme qui se fait avorter commet « un crime moral. »
Même les femmes violées, a-t-il dit, ne devraient pas avoir droit à décider de mettre fin à leur grossesse. « Pourquoi une victime de viol devrait commettre un crime à son tour en se faisant avorter? »
Plus tard il a ajouté que c’est le temps d’ouvrir de nouveau le débat.
Personne ne lui a demandé si la situation est différente pour une petite fille enceinte violée par un parent.
En réalité le cardinal ne faisait que répéter la position officielle du Pape Benoît XVI lui-même et de son Église catholique.
Msgr Ouellet s’est vu dénoncé immédiatement par Pauline Marois du Parti québécois, la députée Nicole Demers du Bloc québécois, et les mouvements progressistes féminins du Canada.
Des sources fiables dans le mouvement anti-avortement nous disent qu’à l’intérieur du parti conservateur de Harper il y a 10 ministres et 38 députés contre l’avortement.
Ces sources se disent sûrs de leurs chiffres de parce qu’ils sondent très souvent les députés conservateurs lors de leur lobbying, et organise souvent sur la colline parlementaire des séances de prières contre l’avortement.
Harper fait ce qu’il peut pour empêcher la marmite de renverser. Ce n’est pas facile. La claque anti-choix procède par étapes pour faire passer sa stratégie.
Elle a imposé à Harper ce printemps d’exclure le financement canadien du recours à l’avortement dans les pays pauvres.
Son ministre des affaires extérieures Lawrence Cannon est allé plus loin. Il a même exclu la contraception à un certain moment, ce qu’il n’a pas dû déplaire au cardinal.
Harper n’a pas pu empêcher un projet de loi de son arrière banc, le Bill C-510, qui criminaliserait des « pressions » exercées sur une femme pour se faire avorter.
Mais il n’a pas un mot dans C-510 sur les « pressions » sur elle pour avoir un enfant qu’elle ne veut pas.
Un poids, deux mesures.
Avec le départ du cardinal vers Rome Harper pourra se mettre à genoux à côté de son lit et remercier le ciel.
Mais il ne faudrait pas qu’il se mette dans la tête d’aller à la communion demain matin.
Le Pape rend un grand service à Harper
Msgr Marc Ouellet, de simple prêtre à monseigneur à cardinal de lÉglise catholique et maintenant préfet de la Congrégation des évêques à Rôme. (Photo Québec Hebdo)
Benoît XVI a nommé Msgr Marc Ouellet à Rome ou il sera en charge de la Congrégation des évêques, un poste très prestigieux.
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