Présence de radon dans les maisons : conseils pour s’y retrouver

Jacques Bélanger
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Identifiés depuis 30 ans en Europe et depuis 20 ans aux États-Unis, les problèmes d’infiltration de radon sont de plus en plus connus par la population canadienne. Selon Santé Canada, ce gaz inodore et incolore serait responsable de 10 % des cas de cancer du poumon. Le Journal de l’Habitation a cherché en savoir plus sur le sujet avec Serge Michaud, entrepreneur en construction et président de SOS Radon.

«Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle provenant de la désintégration de l’uranium présent dans la croûte terrestre. Il est impossible à détecter par les sens et son exposition à forte concentration est très nocive pour l’être humain.» Interrogé sur les cas de radon au Québec, M. Michaud répond qu’on a découvert de très grandes concentrations dans la région de Mont Saint-Hilaire. À Québec, quelques maisons de l’arrondissement de Charlesbourg n'y ont pas échappé.

«À Charlesbourg, une dame qui n’avait jamais fumé de sa vie s’est retrouvée avec un cancer du poumon. On lui a suggéré de faire tester sa maison et on a retrouvé une concentration qui dépassait de beaucoup la norme acceptable. Des correctifs ont ensuite été effectués sur sa résidence, afin de la rendre conforme aux normes.» Serge Michaud tient à préciser que les problèmes d’infiltration de radon constituent des cas isolés et qu’on peut les retrouver partout.

Tests de détection

C’est en unités becquerels qu’on mesure les concentrations de radon. «Selon Santé Canada, le seuil acceptable est de 200 becquerels. Dans certains cas, on a obtenu des résultats de plus de 2 000 becquerels et, dans le cas de la dame de Charlesbourg, la concentration était montée à 7 000 becquerels!»

Pour en avoir le cœur net, on peut se procurer un kit de test sur le site Internet de SOS Radon. «On installe l’appareil dans un endroit de la maison, au sous-sol principalement, et on le laisse trois mois. Ensuite, explique M. Michaud, il faut le poster à Accustar, une compagnie qui lira les informations et transmettra les résultats.»

L’autre solution est électronique. C’est l’appareil Safety Siren pro Series3, qui donne une première lecture après 48 heures. «L’appareil effectue des échantillonnages et on a déterminé à seulement 10 % le plus gros écart sur un total de 75 échantillonnages, ce qui fait de cet appareil un outil stable.» M. Michaud indique qu’il peut effectuer une lecture et obtenir un résultat écrit qui comprendra la lecture de chaque heure de la journée. De plus, pour être valide, cette lecture doit se dérouler sur trois jours.

Solutions

Une fois le taux de concentration de radon calculé, reste à corriger la situation. «La première solution réside dans des travaux de dépressurisation sous la dalle de béton du sous-sol. On installe un système qui monte jusqu’à l’étage, par où on expulse le radon.» M. Michaud recommande cette solution aux propriétaires dont le sous-sol n’est pas fini. «Nous leur suggérons également de calfeutrer les fissures avant de procéder.»

Pour les résidences où le sous-sol est aménagé et où on détecte de grosses quantités de radon, Serge Michaud suggère la pressurisation du sous-sol avec l’aide d’un système thermodynamique. «Dans ce cas, on va chercher l’air extérieur et on pressurise la pièce.» M. Michaud précise que cette opération ne peut être effectuée que par un professionnel qui pourra doser la mesure (unités pascal) requise.

Pas de panique!

L’idée d’effectuer des tests de concentration de radon n’est surtout pas destinée à créer un état de panique collective auprès de la population, assure l'expert. «Je tiens à rappeler que les fortes concentrations de radon ne se retrouvent pas dans toutes les maisons du Québec. Les villes auraient intérêt à faire faire systématiquement des inspections. Je pense aux édifices à bureaux et aux centres de la petite enfance en milieu familial, par exemple, là où plusieurs personnes peuvent être touchées par les effets d’une haute concentration de radon. Il en va de la santé de chacun», conclut-il.

Pour en savoir davantage : www.sosradon.ca

Organisations: Santé Canada

Lieux géographiques: Québec, Arrondissement de Charlesbourg, Région de Mont Saint-Hilaire

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires