«Le hasard change souvent notre trajectoire dans la vie» - Dr André Beaudoin

Michel
Michel Bédard
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Le psychiatre le raconte dans un premier roman autobiographique

«Où va-t-on papa? Je n’sais pas, mais on y va». Membre d’une famille de 11 enfants, André Beaudoin a réussi le tour de force de sortir d’une colonie aux revenus modestes établie en Gaspésie après le krach boursier de 1929 et de passer de la petite école de rang pour se rendre à l’Université Laval étudier la médecine avec 100 $ dans ses poches, en 1950. Aujourd’hui retraité, après plus de 50 ans de pratique, dont 30 comme psychiatre à l’Hôpital Saint-Michel-Archange et au Centre hospitalier Robert-Giffard, il raconte le parcours de sa vie dans un premier roman autobiographique intitulé «Les chemins du hasard».

Aujourd’hui retraité, après plus de 50 ans de pratique, dont 30 comme psychiatre à l’Hôpital Saint-Michel-Archange et au Centre hospitalier Robert-Giffard, Dr André Beaudoin raconte le parcours de sa vie dans un premier roman autobiographique intitulé «Les chemins du hasard».<@CP> (Photo Michel Bédard)

«Écrire sur sa vie, c’est cheminer sur un fil de fer en équilibre instable. Si tu en dis trop, tu deviens exhibitionniste, si tu te retiens trop, tu tombes dans l’ennui. J’ai essayé d’éviter les deux. De toute façon, écrire sur sa vie, c’est se mettre à nu», confie le médecin de 84 ans qui, à travers des références à la vie politique et sociale des années 1930 à 1980, entraîne les lecteurs sur les divers chemins empruntés depuis son enfance dans ce premier roman.

Natif du Cap-de-la-Madeleine, il vivra une partie de sa jeunesse dans une colonie rurale en Gaspésie, complètera des études classiques au Séminaire de Gaspé et entreprendra des études universitaires en médecine à Québec pour se spécialiser ensuite en psychiatrie en 1963 et connaître la vie dans les hôpitaux de Québec.

Une bourse de Maurice Duplessis

«Il y a des obstacles à franchir pour passer de l’école primaire aux études supérieures. Le manque d’argent et 1 000 autres difficultés ont fermé la porte du savoir à des générations de jeunes Québécois et Québécoises. Quelques mécènes ont joué un rôle important. Il fallait les découvrir et oser les approcher», note l’auteur de Beauport qui a eu la chance de rencontrer une fois le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, alors que le coloré politicien demeurait au Château Frontenac. «Je travaillais là comme garçon de table et M. Duplessis avait pris l’habitude à chaque année de remettre un cadeau aux employés à l’occasion de Noël. Je prends l’initiative de l’interpeler et de lui dire de retenir mon nom parce que je voulais obtenir une bourse d’études pour devenir médecin. Il répond immédiatement qu’après les politiciens, ce sont les médecins qui sont les personnes les plus importantes de la société, qu’il se souvient toujours des amis de l’Union nationale et qu’il a autant de mémoire que la devise de la province. C’est comme cela que j’ai réussi plus tard à obtenir cette bourse en passant naturellement par un des membres de son organisation électorale», raconte Dr Beaudoin avec un brin d’humour, en entrevue avec le BEAUPORT EXPRESS.

Des illustrations de Martin Bouchard

Comptant plus de 330 pages, ce premier livre est illustré de 26 scènes ayant marqué la vie de l’auteur par l’artiste peintre Martin Bouchard de Beauport qui signe aussi la page couverture où on voit un père avec son enfant qui lui demande : «Où va-t-on papa? Et il lui répond: «Je n’sais pas, mais on y va». André Beaudoin souligne que, dans ce premier roman, il a critiqué la société et les institutions d’autrefois en étant conscient qu’il parlait du passé avec des idées et des connaissances d’aujourd’hui.

«Par ailleurs, chaque fois que j’ai rencontré des personnes de bonne volonté et respectueuses des autres, je les ai saluées avec fierté. Les faits vécus sont réels, mais plusieurs personnages sont fictifs», mentionne l’auteur qui procédera au lancement officiel de son premier ouvrage, le dimanche 4 décembre, de 15 h à 17 h, à la Bibliothèque Étienne-Parent, en collaboration avec la Société d’art et d’histoire de Beauport. Une séance de signatures est prévue et le livre sera offert au coût de 20 $.

Beauport Express, membre du Groupe Québec Hebdo.

Organisations: Château Frontenac, Union nationale, BEAUPORT EXPRESS Bibliothèque Étienne-Parent Société d’art Québec Hebdo

Lieux géographiques: Québec, Beauport, Cap-de-la-Madeleine Gaspésie

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires

Derniers commentaires

  • Denise
    27 août 2013 - 17:57

    Bonjour ma mere de 87 ans est présentement en recherche de son père qui est supposer avoir été interner a cette hospital dans les année 1900++ nous n'avons pas eu de réponse sur les patients( confidentiels). et la nous avons tombée sur votre livre Je suis de Montréal et j'aimerai savoir si l'on peut trouver votre livre Denise

  • Claude André St-Pierre
    13 mars 2012 - 08:54

    Ce roman autobiographie, composé par un copain de notre Groupe d’écriture, saura captiver mon attention tout au cours de l’été qui s’annonce chaud et lumineux. Ce récit historique aurait pû s’initituler “Les rendez-vous manqués.” J’ai hate de retrouver la trame philosophique de notre ami psychiaâtre, mais avant tout celle de ce petit gars du Cap-de-la-Madeleine qui est devenu un Gaspésien dans l’âme et un Québécois d’adoption.