«Écrire sur sa vie, c’est cheminer sur un fil de fer en équilibre instable. Si tu en dis trop, tu deviens exhibitionniste, si tu te retiens trop, tu tombes dans l’ennui. J’ai essayé d’éviter les deux. De toute façon, écrire sur sa vie, c’est se mettre à nu», confie le médecin de 84 ans qui, à travers des références à la vie politique et sociale des années 1930 à 1980, entraîne les lecteurs sur les divers chemins empruntés depuis son enfance dans ce premier roman.
Natif du Cap-de-la-Madeleine, il vivra une partie de sa jeunesse dans une colonie rurale en Gaspésie, complètera des études classiques au Séminaire de Gaspé et entreprendra des études universitaires en médecine à Québec pour se spécialiser ensuite en psychiatrie en 1963 et connaître la vie dans les hôpitaux de Québec.
Une bourse de Maurice Duplessis«Il y a des obstacles à franchir pour passer de l’école primaire aux études supérieures. Le manque d’argent et 1 000 autres difficultés ont fermé la porte du savoir à des générations de jeunes Québécois et Québécoises. Quelques mécènes ont joué un rôle important. Il fallait les découvrir et oser les approcher», note l’auteur de Beauport qui a eu la chance de rencontrer une fois le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, alors que le coloré politicien demeurait au Château Frontenac. «Je travaillais là comme garçon de table et M. Duplessis avait pris l’habitude à chaque année de remettre un cadeau aux employés à l’occasion de Noël. Je prends l’initiative de l’interpeler et de lui dire de retenir mon nom parce que je voulais obtenir une bourse d’études pour devenir médecin. Il répond immédiatement qu’après les politiciens, ce sont les médecins qui sont les personnes les plus importantes de la société, qu’il se souvient toujours des amis de l’Union nationale et qu’il a autant de mémoire que la devise de la province. C’est comme cela que j’ai réussi plus tard à obtenir cette bourse en passant naturellement par un des membres de son organisation électorale», raconte Dr Beaudoin avec un brin d’humour, en entrevue avec le BEAUPORT EXPRESS.
Des illustrations de Martin BouchardComptant plus de 330 pages, ce premier livre est illustré de 26 scènes ayant marqué la vie de l’auteur par l’artiste peintre Martin Bouchard de Beauport qui signe aussi la page couverture où on voit un père avec son enfant qui lui demande : «Où va-t-on papa? Et il lui répond: «Je n’sais pas, mais on y va». André Beaudoin souligne que, dans ce premier roman, il a critiqué la société et les institutions d’autrefois en étant conscient qu’il parlait du passé avec des idées et des connaissances d’aujourd’hui.
«Par ailleurs, chaque fois que j’ai rencontré des personnes de bonne volonté et respectueuses des autres, je les ai saluées avec fierté. Les faits vécus sont réels, mais plusieurs personnages sont fictifs», mentionne l’auteur qui procédera au lancement officiel de son premier ouvrage, le dimanche 4 décembre, de 15 h à 17 h, à la Bibliothèque Étienne-Parent, en collaboration avec la Société d’art et d’histoire de Beauport. Une séance de signatures est prévue et le livre sera offert au coût de 20 $.
Beauport Express, membre du Groupe Québec Hebdo.

