Selon le président du Groupe Perspective, Marcel Bérubé, qui se spécialise en recrutement de personnel, cadres et services conseils en gestion des ressources humaines depuis plus de 15 ans, les entreprises qui ne miseront pas sur les valeurs ajoutées, une main d'œuvre de plus en plus spécialisée et une productivité capable de faire face à la compétition au niveau mondial auront beaucoup de misère à survivre au cours des prochaines années.
À titre d'exemple, M. Bérubé souligne, entre autres, les centaines de mises à pied dans le secteur manufacturier qui a décliné dans la région Chaudière-Appalaches en raison de la pression effectuée par la concurrence mondiale et des pays comme le Mexique où les coûts de production sont beaucoup moins élevés qu'au Québec.
La fermeture du centre de distribution Provigo à Québec, malgré que la multinationale ait consenti des investissements de plus de 85 M$ dans sa construction, révèle aussi que la rationalisation, amorcée il y a déjà quelques années, se poursuivra en 2011. Les entreprises qui désireront survivre devront mettre de l'avant une autre façon de travailler, vérifier la moyenne d'âge de leur personnel et s'assurer d'un bon bassin de relève.
«Tout va dépendre des Américains, de l'économie mondiale et des initiatives d'entrepreneurs visionnaires à l'image de Louis Garneau, dont la production est réalisée en grande partie à l'étranger pour réduire les coûts, mais les cerveaux du design, de la conception et de la gestion sont demeurés ici à Québec. Du côté de la création d’emplois dans le domaine de la haute technologie, le capital de risque étant beaucoup moins présent dans notre région, l’année 2010 a été tranquille. Cependant, des créateurs de jeux vidéo comme Frima et Beenox, deux entreprises phares dans Saint-Roch, ont continué à embaucher à un rythme soutenu. Dans le secteur du tourisme, 2010 a été calme et vraiment en deçà de 2008, année des fêtes du 400e. Nous avons été incapables de maintenir le rythme en grande partie en raison des touristes américains brutalement touchés par la récession mondiale», note M. Bérubé.
L'économie d'une région dépend beaucoup de la construction
Plusieurs projets d’infrastructures routières ont mobilisé en 2010 les firmes d’ingénierie, mais ces projets se terminent tranquillement et auront pour effet de réduire le carnet de commandes. Comme la vitalité d’une région passe par le nombre de grues et de projets que l’on aperçoit dans le paysage, il faut donc s’attendre à ce que 2011 soit un peu plus tranquille dans ce domaine.
Selon M. Bérubé, les projets d’INO Parc sur la Rive-Sud tardent à prendre leur envol, Rabaska est en dormance et certains projets immobiliers tardent à lever pour des raisons claires ou bien parce qu’ils n’atteignent pas tous les objectifs fixés avant leur construction, comme la deuxième tour de Cominar, les projets à la tête des ponts et la Cité Verte de SSQ Groupe Financier.
«D’autres projets pourraient cependant aboutir tels le pipeline d’Ultramar, le Super PEPS et le projet officiel du Groupe Massif, qui inclut train, hôtel, et centre des congrès. Il est certain que notre région ne peut indéfiniment être à l’abri d’un ralentissement que je qualifierais de temporaire. Notre région doit absolument régler les pénuries de main-d’œuvre spécialisée afin d’éviter de ralentir notre propre développement», affirme M. Bérubé.

