Densifisier la ville par étape

François
François Cattapan
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C'est bien connu et admis, les grandes capitales du globe n'ont pas été construites ni développées en quelques jours. Il en aura fallu du temps à Paris, Rome, Barcelone et autres belles villes d'Europe pour afficher toute la splendeur qu'on leur connaît. Or, la perfection n'étant pas de ce monde, même les meilleurs exemples d'aménagement urbain où se côtoient beautés architecturales, parcs, rues grouillantes et transports collectifs efficaces, ne sont pas exempts d'aspects corrigibles. La ville de Québec n'y échappe pas dans son évolution vers une trame urbaine voulue plus densifiée et performante.

Pour espérer attirer des projets résidentiels comme les Terrasses du Plateau pour assurer une mixité dans le secteur des ponts à Sainte-Foy, il importe d'établir un plan d'urbanisme global.

Dans cette optique, le récent recul de l'administration Labeaume devant l'insatisfaction suscitée par le plan d'aménagement proposé pour le coeur de Sainte-Foy ne doit pas être perçu comme une faute. Au contraire, l'intention semble plutôt de renvoyer les urbanistes à leur planche à dessin, afin d'éviter une erreur de conception qui nuirait ensuite au redéploiement de ce secteur névralgique à l'entrée des ponts et de la cité. Comme quoi on peut être autant proactif dans les pauses de réflexion que dans les actions. Pour bonifier le processus, on compte mettre les citoyens dans le coup en les conviant à une opération de remue-méninges.

La Ville se mettra en quête d'idées pour animer et dynamiser l'endroit qui vit une transformation profonde. Il suffit de circuler sur les boulevards Laurier et Hochelaga, entre les centres commerciaux et les bretelles autoroutières, ainsi que sur la route de l'Église vers Quatre-Bourgeois, pour constater à quel point le décor a changé et tend à s'étirer en hauteur. Bon, ce n'est pas encore New York et le modèle n'est peut-être pas enviable, mais force est d'admettre que ça bouge et ça pousse dans cette partie ouest de Québec. Avant que le béton n'envahisse tout, il y a lieu de prendre des mesures pour ne pas négliger la dimension humaine qui fait si cruellement défaut aux grandes cités étasuniennes aussi désertes que violentes la nuit tombée.

Comme le précisait le conseiller municipal, François Picard, il faut prévoir des espaces publics et verts, afin que le milieu de vie soit attrayant pour y intégrer de l'habitation. À plus forte raison, lorsque des immeubles à logements et copropriétés sont pressentis sur divers sites appelés à se libérer. Sans oublier la possibilité que le parc de résidences militaires derrière Place Laurier soit libéré prochainement et reconfiguré. En l'absence d'un plan d'ensemble défini, le risque est grand que chaque ajout à la trame urbaine contribue au problème plutôt qu'à sa solution. Lorsqu'on laisse place à l'improvisation, on obtient rarement un développement entièrement satisfaisant.

Dans la foulée, la décision de freiner les efforts de densification parfois sauvage le long des vieilles artères patrimoniales du côté de Beauport, Charlesbourg, Sillery et Cap-Rouge est la bienvenue. On peut très bien commencer par les portions de territoire abandonnées, vacantes, désuètes, mal utilisées ou sans âme, avant de défigurer des artères ancestrales comme la Royale, le Trait-Carré, Maguire, Saint-Félix ou autres. Du même souffle, il sera opportun d'intégrer à la réflexion, la fluidité des transports, la proximité des services, la mixité des immeubles et la pérennité architecturale. Il s'agit d'aspects de base pour façonner la ville souhaitée…

Organisations: Labeaume, Église vers Quatre-Bourgeois, Royale, le Trait-Carré

Lieux géographiques: Sainte-Foy, Hochelaga, New York Québec Place Laurier Beauport Charlesbourg Sillery Cap-Rouge Saint-Félix

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