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Le travail derrière vos citrouilles d'Halloween


Publié le 2 octobre 2017

Nicolas Bédard avec sa conjointe, Mylène Beaulé, et leur fille, Rose.

©(Photo TC Media – Marie-Pascale Fortier)

AGRICULTURE. Automne est souvent synonyme d'Halloween, de journées fraiches et de belles couleurs. Pour la famille Bédard Blouin, il s'agit de l'aboutissement d'un long travail: celui de la production de courges et de citrouilles. 

Depuis 5 ans, Nicolas Bédard et sa sœur Sarah cultivent les courges, comme les courges butternut ou les courges spaghetti. Ils cultivent plus de 30 variétés de courges alimentaires, sur un hectare, en plus de quatre hectares de citrouilles.  Avec les courges décoratives, les courges comestibles et les citrouilles, la ferme Bédard Blouin cultive près d'une soixantaine de variétés.

Fait intéressant: il existe plusieurs variétés de citrouilles telles qu'on les connait. Les formes, couleurs, vigueur du pédoncule ou profondeur de dentelure sont des particularités propres à chaque variété. 

Il existe une quinzaine de variétés de citrouilles orange utilisées entre autres pour les décorations d'halloween. «C'est juste moins véhiculé que, par exemple, les variétés de pommes», explique Nicolas Bédard. «Pour les gens, une citrouille c'est une citrouille, mais pour les producteurs, c'est différent. Il y a différents critères qui font qu'on aime une citrouille ou non.»

Trois des six champs de citrouilles de la ferme Bédard Blouin sont voués à l'autocueillette. «Les gens viennent en famille les fins de semaines d'octobre pour cueillir des citrouilles. On offre une série d'activités: on emmène les gens jusqu'aux champs en tracteur, on a un labyrinthe dans les serres et les enfants peuvent décorer leurs citrouilles. Mon père est aussi en train de fabriquer un tipi géant», énumère-t-il.

Un long travail

Les graines de citrouilles sont semées entre le 25 et le 30 mai, en fonction de la météo. Chez les Bédard et Blouin, tout est semé à la main, malgré la grande surface couverte. À quatre ou cinq personnes, il faut près de trois jours seulement pour planter les graines de citrouilles.

«C'est pour la simple et bonne raison qu'on accueille beaucoup de stagiaires. C'est une façon de leur faire découvrir la terre. Sinon, on pourrait avoir un tracteur et le faire avec un planteur, ça ne prendrait pas beaucoup de temps, mais on aime le contact avec la terre», explique M. Bédard.

L'entreprise accueille des stagiaires de l'Université Laval en agronomie, de l'Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe ou de La Pocatière et de la formation en horticulture du Fierbourg.

L'engrais, qui est mis à la mi-juin et à la fin juin, est aussi appliqué à la main, plan par plan. Cela permet d'utiliser une moins grande quantité d'engrais, ce qui est plus économique et écologique. «Par exemple, au lieu d'utiliser 200 à 300 kilos d'engrais par hectare, il en faut 75», explique Nicolas.

La culture des citrouilles est relativement facile, mais il y a un insecte qui attaque les plants et qui cause des maux de tête aux producteurs. Il s'agit d'un insecte de la grosseur d'une coccinelle qui mange complètement les feuilles des citrouilles et qui peut même faire des trous dans les citrouilles.

D'un point de vue météorologique, cette année a été une année très particulière pour la famille Bédard Blouin. Le mardi 27 juin, la grêle a détruit les plans de citrouilles dont le feuillage en était environ à la grosseur d'un ballon de basketball. «C'est comme si on était retourné cinq semaines plus tôt. Nos variétés plus tardives ne sont pas encore très mûres, on est très contents du mois de septembre chaud qu'on a eu», rapporte Nicolas, responsable de la production en serres et en champs.

De génération en génération

Nicolas Bédard et sa sœur Sarah ont pris la relève de l'entreprise il y a sept ou huit ans. Ils représentent la troisième génération de la ferme Bédard Blouin. «On vise la quatrième génération. On est rendus à sept petits-enfants dans la famille. Il y a du potentiel de relève.» À l'époque de leur père et de leur grand-père, il s'agissait surtout d'une entreprise maraichère, soit la culture des légumes. Quand la mère de Nicolas et Sarah Bédard s'est intégrée dans l'entreprise, elle a emmené tout l'aspect jardinage. Aujourd'hui, ils en sont à 60 000 pieds carrés de serres.