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Rapprocher les générations autour du potager

Projet de jardin intergénérationnel à Beauport


Publié le 1 juin 2017

Les dames de la résidence montrent comment planter les semis, sous le regard attentif des enfants.

©(Photo TC Media – Prisca Benoit)

PARTAGE. Le centre de prévention du suicide de Québec n'est pas toujours en intervention, il est aussi en prévention, aussi bien chez les enfants et les grands-parents. Leur dernière idée: organiser un jardin coopératif où les générations se rencontrent.

Le soleil venait juste de se pointer le bout du nez quand les enfants de l'école les Quatre-Vents à Beauport sont arrivés à la résidence Aux berges du ruisseau. Tout sourire, ils sont descendus de l'autobus, accueillis par les personnes âgées avec qui ils allaient travailler. Ils étaient venus planter des légumes avec les résidents. Auparavant, des aînés les avaient visités dans leur classe pour qu'ils fassent leurs semis.

On a vu beaucoup de sourires et de regards de complicité entre les enfants et les aînés.

Karine Beauchamp, chargée de projet

C'est le Centre de prévention du suicide qui est derrière cette activité dans laquelle l'école et la résidence ont sauté à pieds joints. L'activité est aussi bénéfique pour les élèves qui, à cet âge, sont en plein en train de développer leurs habiletés sociales, que pour les personnes âgées chez qui on brise l'isolement avec des visites régulières et qui se sentent utiles.

Ce n'est pas par hasard que le Centre de prévention du suicide de Québec se retrouve derrière ce projet. Celui-ci offre différents programmes pour des clientèles différentes. La chargée de projet de l'organisme, Karine Beauchamp, s'occupe notamment du programme reconnu mondialement «Les amis de Zippy», qui aide les élèves du premier cycle du primaire à bien gérer leurs émotions et à mieux communiquer. «À long terme, le programme a démontré des effets positifs sur la santé mentale», explique-t-elle.

La chargée de projet du Centre de prévention du suicide de Québec, Karine Beauchamp, accompagnée de ses jeunes amis.
(Photo TC Media – Prisca Benoit)

Un deuxième volet de leur mission s'intitule le programme des sentinelles. Adressé aux familles, intervenants et bénévoles auprès des aînés, il vise à reconnaître les signes de dépression chez les personnes âgées. C'est par ce programme que Karine Beauchamp est entrée en contact avec les personnes ressources de la résidence, dont l'animatrice des lieux, Valérie Caron.

Un projet bien accueilli

Le copropriétaire de la résidence, Richard Bertrand, voit d'un très bon œil l'arrivée des jeunes élèves chez ses résidents. «Les enfants, ça amène de la vie, et quand on a de la vie, on la garde encore plus longtemps», croit-il. Ce dernier se réjouit de voir que les personnes âgées qu'il côtoie puissent avoir un projet qui les occupe.

Le jardin enchante autant les enfants que les plus grands, a remarqué Karine Beauchamp. «À l'arrivée des élèves, plusieurs aînés sont même sortis dehors pour les saluer», raconte-t-elle. Celle qui a visité régulièrement la classe qui participe au projet a pu constater l'enthousiasme des enfants à l'annonce de leur visite, qui lui demandaient souvent quand aurait lieu la prochaine visite.

En plus de leur jardin où tomates, haricots, bettes à carde et plus encore se rencontrent, trois nouvelles locataires se sont établies aux Berges du ruisseau: trois poules ont élu domicile à la résidence. Ce sont les aînés et les enfants qui devront en prendre soin lors de leur visite. «Ça entre dans notre mission de zoothérapie», fait remarquer M. Bertrand, qui accueille également les animaux de compagnie dans ses résidences.

Le projet continue tout l'été, jusqu'en août. À la fin de l'année scolaire, ce sont les adolescents du camp de jour qui vont prendre le relais pour l'entretien du jardin à la visite des personnes âgées.