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Rencontres entre hommes dans des lieux publics à Beauport

TRIP Jeunesse encadre la problématique 


Publié le 7 août 2017

À la suite d'une publication Facebook sur la page Spotted: Québec où un parent se questionnait sur le fait que des hommes se cachent dans les buissons aux abords de la rivière Beauport, le Beauport Express a contacté un travailleur de rue de l'organisme TRIP Jeunesse Beauport qui s'attarde à cette problématique.

Même si ce problème existe depuis plus d'une trentaine d'années dans l'arrondissement de Beauport, ce n'est que depuis le début de l'été que TRIP Jeunesse a libéré deux intervenants de proximité pour travailler exclusivement dans ce secteur de la ville.

Les messieurs qui vont là pour se rencontrer ce ne sont pas des pédophiles, ce sont des messieurs qui rencontrent des messieurs. C'est un milieu qu'ils fréquentent depuis longtemps.

Maxime Naassana

«Ce  qu'on constate, c'est que 90% du temps ce ne sont pas des contacts sexuels. La raison première, c'est pour briser l'isolement. Il faut se mettre dans un contexte historique. On parle de messieurs d'une cinquantaine années, ils ont eu une femme et des enfants et on fait leur coming out tardivement», explique Maxime Naassana, travailleur de rue et coordonnateur du projet de travail de parcs.

TRIP Jeunesse Beauport intervient habituellement auprès des jeunes âgés de 12 à 25 ans et a un projet de travailleurs de parcs pendant l'été. Pour le cas des berges de la rivière Beauport, il s'agit d'avantage d'intervenants de proximité, donc leur mandat est très différents de celui des travailleurs de parc qui font surtout de l'animation auprès des jeunes dans les parcs Ribambelle, Jean Guyon et Cambert.

Tous les soirs, et parfois pendant le jour, les intervenants de proximité sont présents sur les sites de rencontre pour entrer en contact avec les hommes, distribuer des condoms et s'assurer que les gens soient subtils dans leurs pratiques. Ces intervenants font plutôt ce qu'ils appellent de la réduction de méfaits, soit de «diminuer les impacts négatifs sur un comportement nuisible», sachant qu'ils ne peuvent mettre fin à ce phénomène.

M. Naassana cite en exemple l'organisme Point de Repères qui donne des seringues aux toxicomanes pour empêcher la personne qui se drogue de se blesser ou de contracter une maladie en s'injectant à l'aide d'une seringue usée.

«Les messieurs qui vont là pour se rencontrer ce ne sont pas des pédophiles, ce sont des messieurs qui rencontrent des messieurs. C'est un milieu qu'ils fréquentent depuis longtemps», assure M. Naassana, qui ajoute qu'à leur âge, ils n'utilisent pas de sites internet ou d'applications de rencontres comme les jeunes qui font leur coming out à l'adolescence.

Il admet qu'on a souvent entendu parler de messieurs qui regardaient les enfants, mais cette problématique était davantage présente dans le secteur de Maizerets selon lui. «Ce n'est pas un milieu où il y a de la prostitution ou de la pédophilie, c'est vraiment un milieu de rencontre.»

M. Naassana croit que le projet pourrait continuer dans les prochaines années: «Ça fonctionne et il n'y a jamais eu d'intervenants dans ce milieu-là. On se rend compte que c'est un besoin.»

Les policiers bien au fait

Le Service de police de la Ville de Québec admet avoir déjà reçu des plaintes concernant cette problématique dans le passé, mais ne pouvait confirmer si d'autres plaintes avaient été reçues cette année.

«Par contre, nous avons déjà effectué des opérations policières à cet endroit et les patrouilleurs sont sensibilisés à ce phénomène chaque saison estivale. Ils peuvent y être présents de manière improvisée», explique Pierre Poirier, porte-parole du SPVQ. Les patrouilleurs à vélo sont également avisés, ayant l’opportunité de s’y présenter plus fréquemment que les patrouilleurs.

«Quant aux sanctions possibles, tout dépend du contexte. Les gens peuvent s’exposer à une infraction à la règlementation municipale, pour flânage par exemple, ou à des infractions en matière du Code criminel, comme sollicitation en vue de services sexuels ou acte indécent», ajoute M. Poirier.