Medina coupable de participation au braquage du Dooly's


Publié le 3 février 2017

Erwin-Gilberto Medina coupable de complicité dans le vol qualifié du Dooly's de Beauport en novembre 2012. (Photo TC Media – François Cattapan)

TRIBUNAL. Erwin-Gilberto Medina a été déclaré coupable des 6 chefs d'accusation pour complot qui pesaient contre lui, pour avoir participé de l'intérieur au vol qualifié perpétré à l'automne 2012 au bar-billard Dooly's de Beauport. Le magistrat n'a pas cru les arguments de la Défense voulant que le gérant de l'établissement ne fût pas de connivence avec les trois cagoulards ayant fait main basse sur 60 000$.

Le braquage spectaculaire avait fait la manchette, il y a 4 ans, alors que trois cambrioleurs cagoulés avaient pris en otages le gérant et le concierge du Dooly's des Promenades Beauport. À la pointe du fusil, ils leur avaient suffi de moins de 10 minutes pour vider sept coffres et distributrices d'argent pour les machines de loterie vidéo. Le vol perpétré vers 5h30 du matin, le 20 novembre 2012, avait permis de dérober la totalité des fonds disponibles sur place pour débuter la journée.

Au fil de l'enquête, un doute a été soulevé quant à la nécessaire participation d'un complice de l'intérieur pour expliquer l'efficacité du coup. Le soupçon a mené à porter des accusations contre Medina le gérant de l'époque. Les enquêteurs ont relevé plusieurs éléments circonstanciels qui confortaient leurs prétentions.

Ce sont ces aspects que le juge René De la Sablonnière a soulignés pour justifier son verdict, alors que des témoignages alimentaient deux versions contradictoires. D'abord, il y a un mobile qui relie l'accusé au vol, puisqu'il venait d'être informé qu'il allait perdre son emploi. De plus, il était l'ami d'un des cambrioleurs qui s'était vanté d'avoir orchestré précédemment un coup semblable au bar Liaisons. Enfin, des échanges téléphoniques révèlent qu'il a été contacté peu de temps avant le délit pour planifier son exécution.

«Par ailleurs, les policiers ont trouvé que le gérant semblait très calme à la suite des événements, tandis que le concierge s'était uriné dessus et a dû démissionner de son poste en raison du choc subi ce jour-là. Il y a aussi le fait que l'accusé a été mal ligoté, qu'il a mis beaucoup de temps à composer le 911 et qu'il n'a donné aucune description des ravisseurs aux policiers», observe le juge De la Sablonnière. Aussi, n'a-t-il pas donné foi à la version d'un complice voulant que l'organisateur du vol avait fait croire à la participation du gérant pour s'attribuer une plus grande part du butin.

Le fait que les cambrioleurs ont perdu du temps à ouvrir des coffres vides n'a pas plus convaincu le juge de l'innocence de Medina. «Au contraire, rappelle-t-il, lors de la planification du vol, l'accusé a répété à plusieurs reprises qu'il fallait que le coup ait l'air crédible. Cela faisait simplement partie du scénario orchestré et exécuté, malgré tout, en un temps record. Dans les circonstances, l'analyse de Tribunal arrive à la conclusion hors de tout doute raisonnable que l'accusé doit être déclaré coupable.»

Libre en attendant sa peine

Devant la gravité des crimes pour lesquels l'accusé n'est plus présumé innocent, la procureure de la Couronne a demandé au juge qu'il soit incarcéré sur-le-champ. Puisque Medina «est coupable de délits pouvant lui valoir plus de 10 ans de détention», elle a estimé qu'il vaudrait mieux que l'homme de 42 ans soit détenu.

En Défense, Me Sébastien St-Laurent a fait valoir que son client a toujours eu une bonne conduite depuis le début des procédures en 2013. «Il est même rentré de l'étranger pour répondre de ses actes dès qu'il a su qu'un mandat d'arrestation avait été lancé contre lui», a-t-il fait valoir pour illustrer l'absence de risque.

Le juge De la Sablonnière a finalement consenti à ce que le prévenu reste en liberté jusqu'à la prochaine étape. Il a aussitôt convié les parties pour les représentations sur la peine à imposer à Medina le 22 février prochain. Mentionnons que les trois autres coaccusés dans cette affaire ont reçu des sentences respectives de 4 ans, 6 ans et 7 ans et demi de pénitencier.

TC Media